Plus de 25000 médecins, chercheurs et militants se retrouvent dans la capitale autrichienne à partir du dimanche 18 juillet (et jusqu’au 23 juillet) pour la 18e Conférence internationale sur le sida. Comme tous les grandes réunions internationales, Vienne va voir défiler des stars comme le Président Bill Clinton, la chanteuse Annie Lennox ou le patron de Microsoft, Bill Gates, le plus grand contributeur privé à la lutte contre le sida. Mais l’enjeu est ailleurs.

UNE CONFÉRENCE DE PLUS EN PLUS POLITIQUE
De plus en plus politique, la conférence présentera néanmoins des travaux scientifiques sur toutes les disciplines: recherche fondamentale, vaccin, traitement. Mais les organisateurs veulent insister sur un point fondamental, et qui sert d’ailleurs de slogan à cette conférence de Vienne: « Rights here, right now » (Des droits, ici et maintenant).

La question du sida n’est pas que médicale, il ne s’agit pas seulement de distribuer des préservatifs et de faire des campagnes de prévention, voire même d’acheter des médicaments. Sans une réponse globale, axée sur les droits humains, les progrès ne seront pas complètement au rendez-vous. Comment être efficace quand en Asie, les usagers de drogue sont jetés en prison. Comment vouloir lutter contre le sida chez les trans’ lorsqu’elles font face à la discrimination? Comment informer les femmes sur la prévention quand elles vivent dans des pays où elles ne sont même pas reconnues dans leur citoyenneté? Comment enfin juguler l’épidémie chez les gays alors que de très nombreux pays continuent, à des degrés divers, de criminaliser l’homosexualité, ou maintiennent les homos dans une inégalité des droits?

Vienne ne répondra pas à toutes ces questions, mais elles seront toutes sur la table. Et les débats s’annoncent passionnants, entre chercheurs du Nord et du Sud, activistes du monde entier, médecins et bailleurs de fonds.

LA DÉCADE GLORIEUSE
À Vienne, il sera d’ailleurs beaucoup question de financement. La lutte contre le sida a vécu une décade glorieuse depuis la conférence de Durban en juillet 2000: les uns après les autres, tous les obstacles érigés contre l’accès aux traitements ont été surmontés par une communauté internationale enfin consciente de la crise majeure du sida… et après la pression exercée pendant plusieurs années par les activistes.

En 2010, nous sommes cependant encore loin du compte, mais Bill Gates écrivait récemment dans une tribune que les efforts commencent à porter leurs fruits: -17% de nouvelles infections depuis 2001. Hélas, les pays riches se détournent du sida, les pays pauvres eux-mêmes ne font pas tout ce qu’il faut et le risque est grand que l’épidémie reparte de plus belle.

STRATÉGIE DU TRAITEMENT COMME PRÉVENTION

TASP, c’est le mot à connaître. C’est l’acronyme de Treatment As Prevention. La semaine prochaine, on parlera beaucoup de cette nouvelle stratégie: le traitement en tant qu’outil de prévention. Des études de plus en plus nombreuses démontrent que la mise sous traitement, qui s’accompagne d’une très forte baisse de la charge virale, parfois à un niveau indétectable (- de 20 copies), annule quasiment le risque pour les séropositifs de transmettre le VIH. Ces données plaident pour un dépistage massif, afin que les séropositifs qui l’ignorent encore puissent accéder au traitement afin de casser la dynamique de l’épidémie.

ROSELYNE BACHELOT: VIENDRA, VIENDRA PAS?
Une dernière question se pose: la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, sera-t-elle à Vienne? En 2008, son absence à la conférence de Mexico avait fait du bruit. Elle avait brisé une longue tradition de présence des ministres de la Santé à la conférence sur le sida. Alors que la première dame de France communique tous azimuts de son engagement dans la lutte contre le sida, Roselyne Bachelot peut-elle encore se permettre d’être absente? Et surtout, arrivera-t-elle avec dans ses bagages quelques mesures concrètes, notamment sur le plan gouvernemental 2010-2014 de lutte contre l’épidémie, que l’on attend toujours.

Suivez l’actualité de la conférence mondiale sur le sida sur Yagg, en partenariat avec Libération.fr et Vih.org.

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