Yagg a lancé un défi à ses internautes: raconter leur gay pride ou marche des fiertés 2010 et la faire partager aux autres yaggeurs et yaggeuses qui voteront pour leur récit préféré. Et devenir ainsi Yagg reporters!

Aujourd’hui, la yaggeuse Red raconte en mots et en images la gay pride madrilène du 3 juillet dernier.

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Et si vous voulez devenir Yagg reporter sur la gay pride de votre ville, il est encore temps de remplir le formulaire d’inscription!

LA GAY PRIDE DE MADRID, PAR RED

La yaggeuse Red

Quoi de mieux pour conclure mon semestre Erasmus à Alcala de Henares, ville de naissance de Cervantes à la richesse culturelle inépuisable située à 30km de Madrid (Versailles-Paris quoi, ça n’a pas changé mes habitudes!), que de participer à l’Orgullo gay, Marche nationale des Fiertés LGBT à Madrid? Je me suis donc sentie obligée de rester une semaine de plus (une semaine de plus en Espagne, quelle plaie!) afin de faire la fête couvrir l’événement et de rapporter les faits à Yagg.

Armée de mon tshirt do-it-yourself-because-you-don’t-have-your-Yagg-badge, d’un carnet et d’un stylo et accompagnée d’une bande de potes hétéro-clites (oui j’aime les jeux de mots foireux) aussi bien Erasmus qu’espagnols, je me suis donc vaillamment préparée à une nuit de ouf (oui parce qu’ici ils ont l’intelligence de faire la fête la nuit, le jour fait trop chaud!).

Arrête ton char
Un premier point sur la polémique qui a eu lieu après l’attaque d’Israël contre des bateaux de manifestants pro-droits de l’Homme. Les organisateurs ont tranché: des manifestants LGBT israéliens et palestiniens ont eu le droit de défiler sur un des chars organisateurs.

Cette année, 35 chars ont été autorisés par la mairie de Madrid, plus ou moins comme tous les ans. La diversité des chars semblait vouloir représenter une diversité aussi riche que celle de la population LGBT: des blings-blings commerciaux (entreprises, boîtes de nuits…), des partis politiques et des associations engagées dans la défense de l’égalité des droits.

Nous, comme on est arrivé un peu à la bourre, on était plutôt à l’arrière du peloton, mais on a pu quand même bien en profiter. Énormément de gens tout d’abord. Un million.
Et cette fois-ci, pas de contestation (cf. Marche des Fiertés parisienne). Et de tous bords, de tous horizons, de tout le pays (et de bien d’autres). Comme on l’a déjà signalé, l’Orgullo gay a tendance à se transformer en grande fête nationale (ne dit-on pas que c’est la plus grande fête madrilène, ce qui n’est pas peu dire…). Et je pense que c’est tant mieux, tant qu’on entend toujours nos revendications. Au menu de cette année, l’égalité des trans’. Au menu seulement, je n’y ai, personnellement, pas vraiment goûté. C’était plutôt l’égalité des droits de manière générale et l’opposition anticléricale, avec bon nombre de pancartes à cette attention toute particulière.

Please help French LGBT
En tant que Yagg reporter, j’avais quand même une question. Qu’est-ce qu’on peut faire, nous pauvres Français, pour réussir là où les LGBT espagnols ont réussi, c’est-à-dire obtenir le mariage pour les couples homos? J’ai eu quelques réponses, peu originales, mais qui ont le mérite d’être efficace: « Changer de gouvernement » aux prochaines élections, « continuer la lutte » (je prends ça comme un encouragement, c’est déjà fort sympathique)… Une réponse un peu plus originale et toujours intéressante: « Recueillir 50000 signatures » pour déclencher une initiative populaire législative. Enfin la palme de la meilleure proposition vient quand même d’un groupe de lesbiennes: « Donner des bières! », en somme continuer à faire la fête et des Marches!!

Tous avec la Roja!
De toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, la plus représentée était bien sûr le rouge (de toute manière c’est normal, c’est la plus belle). Le rainbow flag n’était jamais bien loin d’un drapeau espagnol et en ce jour de match décisif contre le Paraguay pour le passage en demi-finale, on croisait presque autant de supporters que de manifestants (sans parler des manifestants-supporters comme votre serviteuse).

Ainsi, à la manière de Yiu, nous nous sommes réfugiés dans un bar de Chueca, le quartier gay (histoire de rester dans l’ambiance), vers 20h, afin de suivre le match.

Kylie et botellón
Nous avons ensuite rejoint la Plaza de España, noire de monde, afin de voir Kylie faire son show. Bon « voir » c’est un bien grand mot. On va dire qu’on a entre-aperçu un machin blanc sur une scène au milieu de danseurs. Et puis je ne pourrais pas non plus vous dire si sa nouvelle chanson est bien, on n’entendait rien, mais l’ambiance était au rendez-vous et c’est ce qui compte!

De retour à Chueca, on a fini la soirée tranquille à boire une bière au milieu de plein d’autres gens assis à boire sur une place, ce qu’on appelle ici un botell ón (et qui est interdit à Madrid). Retour à 4h du mat’.

Pour conclure, de ce que j’ai pu voir et entendre sur les Orgullo gay précédents, y a eu tout autant de monde, mais des revendications moins présentes que la fiesta et une ambiance un peu moins festive que les années précédentes (bizarrement les voisins de Chueca n’ont pas trop apprécié l’an dernier le botellón sauvage…). Malgré cela, avec une semaine complète d’activités ponctuée par une grande fête nationale, l’Orgullo gay, c’est à ne pas rater!