Dans une tribune intitulée « Il est urgent de réformer la Halde« , publiée le 5 juillet dans le quotidien Libération, Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances, fait le procès de la Halde –  Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, créée en décembre 2004 – jugeant son bilan « catastrophique » et préconisant qu’elle ne s’intéresse plus qu’aux seules discriminations ethniques.

« SITUATION CATASTROPHIQUE »
Yazid Sabeg commence par fustiger l’institution en dressant son bilan: « La déception est à la hauteur des attentes (…) Pour tous ceux qui ont placé leur confiance dans la Halde, la situation est catastrophique », écrit-il, indiquant que la Halde n’aurait été en mesure d’examiner que 309 dossiers sur 10700 reçus en 2009, soit « à peine 5% des réclamations », ajoutant que « le délai de traitement des plaintes est très long ».

SEULEMENT LES DISCRIMINATIONS ETHNIQUES
Le 3 juin dernier, le Sénat creusait la tombe de la Halde en adoptant le projet de loi organique qui instaure le Défenseur des droits. À l’occasion de la mise en place de cette institution, qui prévoit de remplacer le Médiateur de la République et d’absorber la Halde mais aussi le Défenseur des enfants et la CNDS (Commission nationale de Déontologie de la Sécurité), Yazid Sabeg suggère dans cette tribune de « repenser notre logiciel de lutte contre les discriminations ». Il insiste sur la nécessité d’un « geste politique fort » consistant à « dédier la Halde à la lutte contre les discriminations ethniques ».

« DILUTION DES EFFORTS »
« Ce tabou parmi les plus épineux de la société française justifie une mobilisation particulière », écrit-il. Selon lui, « l’approche globale » de la Haute autorité et sa « compétence universelle sur toutes les discriminations: âge, sexe, handicap, orientation sexuelle, origine (…) ont conduit à la dilution des efforts ».

Le commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances marque donc, en quelque sorte, « sa préférence » et envoie valser toutes les autres discriminations, instaurant une sorte de hiérarchie au sein de celles-ci. Il serait donc moins grave d’être discriminé parce qu’on est une femme, un gay ou un handicapé que parce qu’on est de telle ou telle origine ethnique.

Yazid Sabeg dénonce enfin « le manque de transparence des opérations de la Halde (…) et le recours abusif à la médiation ou la transaction pénale pour le règlement des litiges ». Il demande que soit instauré un « lien plus fort entre la Halde et la Justice, pour rendre à l’institution sa crédibilité (…) l’accès au juge doit être garanti à toutes les victimes et le recours à la médiation doit n’être autorisé que par le juge » et ajoute que « l’efficacité de la Halde requiert que les dossiers soient instruits par un service national d’enquête, avec des officiers de police judiciaire et des inspecteurs du travail sous l’autorité d’un magistrat spécialisé ».

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