Ah la glorieuse incertitude du sport, celle qui met les favoris au tapis, fait trembler les autres et rêver un grand nombre. Ce week-end est plein de stars déguisées (quand j’était petite, je croyais que guest star au générique, cela voulait dire ça). Donc, un petit tour des stars déguisées.

Le jus des Oranges. Et crac, le voilà le coup de tonnerre du Mondial. Pas le drama des bleus, la piteuse défaite de l’Italie, pas le but refusé aux Anglais. Non, un vrai coup de foudre sur le football. Les Pays-Bas ont sorti le Brésil en quart de finale (2-1). Oui, le Brésil, cinq fois champion du monde.

Ok, la Quinta ne faisait pas trop la belle depuis le début de la compétition, mais on sentait quand même une belle montée en puissance avec son trio d’attaquants dans toute leur gloire, Kaka, Robinho, Fabiano. Trop sans doute, face à une équipe qui manque peut-être de paillettes mais à l’efficacité redoutable. Bien sûr, on retiendra que le Brésil a joué à 10 pendant 20 minutes après le carton pris par Melo qui a passé un sale gros quart d’heure: quelques minutes auparavant, il avait marqué contre son camp.

Les Pays-Bas sont en demi-finale. Attention, petite larme de la chroniqueuse: 1974, finale de la Coupe du Monde. Les Pays-Bas de Johann Cruyff partaient pour leur premier titre contre l’Allemagne. Match bien embarqué. Les Allemands ont gagné à la fin (2-1) justifiant une nouvelle fois l’adage selon lequel « le football est un sport qui se joue à 22 et où les Allemands gagnent toujours à la fin ». J’étais triste (je n’étais pas encore journaliste…). 1978, les Pays-Bas avaient à nouveau perdu en finale, contre l’Argentine cette fois (3-1). Et voilà qu’hier en fin d’après-midi, mon cœur-madeleine a sauté de joie pour la petite fille de neuf ans que j’étais.

Le blues des Black Stars. Le Ghana a bien failli gagner à la dernière minute de la prolongation (1-1) mais un joueur uruguayen, Luis Suarez, sur la ligne de but, a repoussé le ballon de la main. Après? Terrible. Un penalty raté d’Asamoah Gyan. Le ballon qui aurait pu emmener un pays africain pour la première fois en demi-finale dans l’histoire de la Coupe du Monde s’est échoué sur la barre transversale laissant la place aux tirs au but. Las, le Ghana. Les larmes des uns, les hurlements de joie des autres.

Une remarque au passage: ce penalty raté rappelle que le sport est aussi, d’abord, une histoire d’hommes, de femmes. Dans le grand flonflon du Mondial, un homme s’est avancé, hier soir, vers 23 heures (heure de Paris), à 8 mètres d’un gardien pour qualifier son équipe. Il a échoué. C’est lui qui a frappé le premier tir au but et l’a réussi. Il fallait être courageux. L’histoire d’Asamoah Gyan est aujourd’hui liée à ces deux coups de pied.

Introducing Vera Zvonareva. Aux côtés de la tête d’affiche Serena Williams, première joueuse mondiale, Vera Zvonareva joue cette après-midi sa première finale dans un tournoi du grand chelem. Moins connue du grand public, elle est l’une des valeurs sûres du tennis russe et du circuit. Cette jeune fille, également étudiante en relations internationales et qui compte parmi les représentantes de la WTA pour l’égalité des sexes auprès de l’Unesco, avait été demi-finaliste en 2004 en Australie. Dans une carrière de joueuse de tennis, rythmée par les blessures, il manquait une étincelle. La voici.

Ce Wimbledon 2010 aura vu le retour trop court de Kim Clijsters, la chute de Venus Williams, finaliste 2009, cinq fois victorieuse à Londres. Et la fin du rêve, cette fois encore, de Justine Henin. Éliminée en huitième de finale par Clijsters, la Belge n’a toujours pas décroché la dernière des quatre étoiles majeures qui lui reste à conquérir: elle est revenue pour elle. Et la voici repartie. Dans une chute, lors de la rencontre, elle s’est blessée au coude, un rupture partielle d’un tendon qui la tiendra éloignée des courts pendant deux mois. Elle a déclaré forfait pour les Internationaux des États-Unis, fin août.

Tomas Berdych vs Rafael Nadal. En quart de finale, il avait terrassé Roger Federer, six fois vainqueur, le jardinier en chef. Même pas un match d’épopée. Quatre sets, assez propres. Donnant cette impression toute simple de jouer au tennis en père peinard, ce type met pourtant une pleine puissance. Il avait été l’invité surprise et le vainqueur de l’Open de Paris-Bercy, en 2005. Jusqu’à cette série de deux gros matches, il comptait parmi les bons figurants du circuit. Grand, costaud. Vendredi, pour passer à la lumière, il fallait aller au-delà de Djokovic au tennis effrité mais une patate intacte. Il n’a fallu que trois manches à Berdych.Le voici donc demain face à Rafael Nadal qui a éliminé hier la vedette du pays, Andy Murray. Wimbledon se refuse toujours à un joueur britannique depuis la victoire de Fred Perry en 1936. L’Espagnol, lui, comme en 2008, peut espérer un doublé Roland Garros-Wimbledon. La grande classe.

Thomas Voeckler mouille le maillot. Un athlète tout auréolé de son paletot bleu-blanc-rouge de champion de France attaque le Tour de France. En 2004, le Français avait pris le maillot jaune et l’avait arboré 10 jours avec la même fierté, le même sérieux, parvenant même à le garder lors d’une étape, dans les Pyrénées, pour quelques secondes, devant Lance Armstrong.

Cette année, Thomas Voeckler sera l’une des attractions d’une compétition qui épate. Car le Tour survit à toutes les affaires de dopage qui le secouent depuis des années. La Grande boucle qui part cette année de Rotterdam pour finir, comme de tradition, sur les Champs-Elysées, à Paris, le 25 juillet, toujours populaire, promesse de bonnes audiences télévisées, notamment, et tous ces amateurs sur les bords des routes. Le Tour 2010 commence après qu’une présumée affaire de vélo à « petit » moteur qu’aurait utilisé Fabian Cancellara a circulé dans le milieu. Le Suisse a qualifié la rumeur de blague. L’Union cycliste internationale a annoncé qu’une poignée de montures prises au hasard seraient désormais scannées à l’issue des étapes.

Sur les routes, parmi les favoris? Andy Schleck, Alberto Contador, tenant du titre. Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour, revenu de retraite, troisième en 2009, est là aussi. On verra bien qui fait le spectacle.

En attendant, cette chronique fait roue libre, reprendra « live », le 24 juillet. Bon début d’été.

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