700 millions de geis de Chekib TijaniDans la série des livres nauséabonds de l’été, après Les homosexuels font-ils encore peur? écrit avec la collaboration de Christine Boutin, voici 700 millions de gays geis par Chekib Tijani, sorti le 3 juin dernier aux Éditions L’Harmattan.

Le titre est moins provocateur que le précédent mais le contenu n’en est pas moins édifiant. Cet ouvrage nous propose d’étudier ce que l’auteur appelle les GEI, les « personnes de Genre Endogène Inversé ». Et voici comment la maison d’édition nous le présentait sur son site et sur sa quatrième de couverture, il y a encore quelques jours:

« L’auteur démontre qu’un corps masculin peut être investi d’une identité féminine et un corps féminin d’une identité masculine. Les sujets de cette nature sont désignés ici par le mot « geis » signifiant personnes de Genre Endogène Inversé. Les homosexuels ou gays sont en fait dans leur grande majorité ces personnes de genre inversé, les geis. Cet état d’inversion identitaire doit être considéré comme un dysfonctionnement qu’il est possible et nécessaire de prévenir pour l’épargner aux enfants à naître ».

Cette présentation n’est qu’un avant-goût des théories stupéfiantes que l’auteur présente dans l’ouvrage lui-même, mais elle a déjà suffi à faire suspendre sa vente.

Quelques jours avant sa suspension, Yagg s’était procuré une version électronique de ce livre, et peut confirmer: il s’agit d’un savant mélange de clichés totalement rétrogrades, de considération sexistes, de contradictions, de postulats pseudo-scientifiques totalement absurdes qui ne reposent sur aucune étude et d’amalgames nauséabonds. Voici quelques extraits choisis de ce que l’on pouvait y lire:

« Alors que le jeune hétérosexuel est tout excité quand il découvre sa barbe naissante, son congénère gei est effrayé par ces poils qui viennent entacher la pureté féminine de son visage; il demeurera le reste de sa vie hostile à cette barbe, ainsi qu’à toute la pilosité de son corps (…). De même pour la chevelure. Dernier des soucis pour un homme hétérosexuel, elle devient une affaire de première importance pour le gei. La perspective de devoir un jour perdre ses cheveux est pour le gei une pensée effroyable. Même cas de figure en ce qui concerne les filles ». Que dire…

« LA TERRIBLE SENSATION DE SENTIR VOS SEINS BALLANTS »
L’auteur fait, tout au long du bouquin, l’amalgame systématique entre homosexualité et transsexualité: « nous savons qu’une personne au genre inversé ou gei est un homme ou une femme possédant un genre anatomique différent de son genre psychologique. Nous sommes ici en présence d’un décalage identitaire fondamental », affirme-t-il.

Et de proposer des travaux pratiques, pour imaginer ce que peut ressentir une lesbienne: « Pour bien comprendre cette situation, je vais vous demander de tenter l’expérience suivante. Vous êtes un homme au genre concordant, c’est-à-dire un homme de corps et d’esprit. Vous vous réveillez un beau matin avec un corps de femme bien que psychologiquement vous restiez un homme viril. Vous goûtez alors la terrible sensation de sentir vos seins ballants accrochés à votre poitrine. Vous vous regardez dans la glace. Votre visage est devenu petit et lisse. Quand vous marchez, vos hanches beaucoup plus larges se balancent bizarrement de gauche à droite. Vos mains sont d’une blancheur délicate et vos jambes fuselées vont, à coup sûr, attirer le regard des hommes. Vous mourez de honte de sentir cette femme en vous, alors que vous êtes un homme, un vrai ».

Un peu plus loin: « L’identité de genre de l’individu s’exprime également à travers les activités qu’il entreprend. Un homme s’épanouit dans des activités d’hommes et une femme dans des activités de femmes. (…) Par voie de conséquence, un homme gei s’épanouira dans des activités que sa psyché de femme ressent comme féminines, et une femme gei dans des activités que sa psyché d’homme considère siennes. Alors que la jeune fille gei meurt d’envie d’aller jouer au football dans son quartier, elle se heurte à la réprobation générale. Elle devra, sous la pression des siens, s’ennuyer à mourir à faire le ménage, qui demeure dans beaucoup de sociétés un devoir féminin. Alors que le petit garçon gei rêve de jouer à la poupée dans sa chambre, il est contraint à la brutalité des jeux de garçons, ce que refuse profondément son âme de petite fille ».

« L’INVERSION IDENTITAIRE N’EST PAS UNE FATALITÉ »
Quant aux causes de l’homosexualité, contrairement à ce que la quatrième de couverture suggérait, l’auteur affirme, avec des arguments simplistes et sans avoir mené la moindre étude: « L’inversion identitaire n’est pas une fatalité, on ne naît pas gei, on le devient. Une telle inversion, qui est seulement perçue et qualifiée comme homosexualité par l’ensemble des sociétés, est causée par l’environnement humain dans lequel évolue l’enfant (…). L’explication semble être ceci, si l’enfant trouve un modèle de son sexe dans son entourage, tout ira pour le mieux. En revanche, si l’enfant ne trouve pas de modèle de son sexe il s’identifiera au modèle disponible, même s’il est de sexe opposé, et développera ainsi une inversion identitaire. Ceci pour dire que si un petit garçon est entouré d’une manière prédominante par des filles et des femmes et que l’on note autour de lui une présence masculine défaillante, il a de fortes chances de s’identifier au groupe féminin. Il en ira de même pour une petite fille qui, au milieu d’une forte présence masculine et sans modèle féminin, développera un genre identitaire masculin ».

« LA CARENCE DE PARTENAIRE… LE DRAME QU’IL VIT CHAQUE SECONDE DE SA VIE »
Autre considération surprenante de l’auteur, les homosexuels ne sont pas en couple: « Nous allons voir maintenant le deuxième aspect caractérisant la condition des sujets de genre inversé, celui de la carence de partenaires. Il est un fait que les geis ne trouvent pas de réels partenaires sexuels désireux de les rencontrer. (…) Les geis, dans les capitales occidentales, disposent maintenant d’une pléiade de discothèques et de bars réservés où ils peuvent se rencontrer comme bon leur semble. Ils ont formé des quartiers, des villages, des villes entières où ils peuvent vivre leur vie dans la liberté la plus totale. La vérité est que, même dans ce contexte, un gei type est un gei seul. (…) On remarque que le gei est la plupart du temps sans partenaire réel ».