Les dons au Sidaction ont baissé cette année: 5 204 215 euros, en dons et en promesses de dons, ont été récoltés au terme de ces trois jours consacrés à la lutte contre le sida. C’est 5% de moins que l’année dernière.

Cette campagne de collecte – qui mobilisait 11 chaînes de télévision, 5 radios et plus de 4500 bénévoles – représente environ un tiers des dons totaux dont bénéficie l’association sur l’année.

Un peu décevant bien sûr, mais il est encore temps de se mobiliser, les promesses de dons peuvent encore être formulées jusqu’au 11 avril au 110 ou par SMS en tapant DON au 33000 (SMS non surtaxé), et toute l’année par courrier (Sidaction, 228, rue du Faubourg Saint Martin, 75010 Paris) ou sur le site internet du Sidaction.

Bertrand Audoin, directeur général du Sidaction, répond aux questions de Yagg et fait le bilan de cette édition 2010:

On constate une baisse des dons cette année, quel est votre sentiment? C’est vrai qu’hier soir à minuit on était à 5 200 000 euros de dons, c’est 600 000 euros de moins que l’année dernière à la même heure. Mais depuis ce matin, le téléphone n’arrête pas de sonner. Le week-end du Sidaction est terminé mais pas la collecte, et apparemment les gens continuent à se mobiliser. Ce matin, entre 7h et 10h, on a déjà réussi à collecter 50 000 euros de plus. On espère que ça va continuer comme ça et que l’on pourra rattraper notre retard.

Comment expliquez-vous cette baisse? En fait, on a eu une baisse des petits dons. On n’a même quasiment pas eu de petits dons de 5, 10 ou 20 euros. Le don moyen cette année est de plus de 40 euros, les années précédentes, il tournait plutôt autour de 32 euros. On a donc moins de dons mais des dons plus importants. Par rapports aux autres années, il manque les habituels dons de 20 euros. Et c’est d’ailleurs ce qui a été constaté dans toutes les autres associations depuis le mois de septembre. Ce sont donc les gens les plus modestes qui ne peuvent plus donner. Un effet de la crise économique. C’est également ce que l’on a pu constater avec les dons par prélèvement automatique, des personnes nous ont écrit pour les arrêter en joignant presque systématiquement un courrier, s’excusant de n’avoir plus les moyens. Nous ne sommes donc pas si déçus que ça. On a de la chance de voir que tous ceux qui peuvent encore donner continuent à le faire.

Cette baisse n’est en tout cas pas liée, à mon avis, à la polémique autour de Pierre Bergé [en novembre dernier, celui-ci avait dénoncé les pratiques du Téléthon qui « parasite la générosité des Français », ndlr]. Je n’y crois pas du tout. D’ailleurs, si cela avait été le cas, ça se serait ressenti dans les dons dès le mois de décembre, qui est toujours un mois important de récolte de dons. Et ça n’a pas été le cas. Ça n’est donc pas l’analyse que l’on en fait.

Nous sommes également satisfaits de l’information qui a très bien circulé dans les médias ce week-end. Parce que le Sidaction, c’est un week-end de collecte, mais aussi d’information. Et il faut qu’elle soit de bonne qualité. Toutes les rédactions ont joué le jeu, toutes les grandes chaînes, mais aussi la TNT, les radios, la presse régionale, etc. Elles ont permis des interventions au cours desquelles on avait le temps de parler, on avait aussi la possibilité d’aborder des actions locales, de faire des sujets de bonne qualité…

Mais ça ne suffit pas d’en parler un week-end par an. On aimerait par exemple que le ministère de la Santé communique un peu plus sur le sida pendant l’année. D’ailleurs, aucun ministère ne s’est exprimé ce week-end, ni celui de la Recherche, ni celui de la Santé, ni celui des Affaires étrangères. Personne du gouvernement n’a réagi… C’est assez significatif du peu d’intérêt de ce gouvernement pour la lutte contre le sida.