Ricky MartinL’info est arrivée par twitter, un message sibyllin de Ricky Martin: « my life – mi vida » (« ma vie ») et un lien vers son site officiel. Là, un texte en espagnol, le même en anglais juste en dessous:

« Il y a quelques mois j’ai décidé d’écrire mes mémoires, un projet qui, je le savais, allait me guider vers un tournant décisif dans ma vie. Du moment où j’ai écrit la première phrase j’ai été persuadé que le livre allait être l’outil qui m’aiderait à me libérer de ce que je portais en moi depuis longtemps. Qui était trop lourd pour que je le garde en moi. En écrivant l’histoire de ma vie, j’ai approché ma vérité. Et c’est quelque chose qu’il faut fêter.

Depuis des années, il y a un endroit où je touche mes émotions du doigt sans peur, c’est la scène. Être sur scène comble mon âme, presque totalement. C’est mon vice. La musique, les projecteurs et le rugissement du public me font me sentir capable de tout. Cette montée d’adrénaline est incroyablement addictive. Je ne veux jamais cesser de ressentir ces émotions. Mais c’est la sérénité qui m’a amené où je suis. Un moment d’émotion incroyable de compréhension, de réflexion, d’enseignements. En cet instant où je ressens la même liberté que lorsque je suis sur scène, j’ai bien sûr besoin de partager.

On m’a beaucoup dit: « Ricky ça n’est pas important », « ça n’en vaut pas la peine », « tu as travaillé toutes ces années et tout ce que tu as bâti va s’écrouler », « de nombreuses personnes dans le monde ne sont pas prêtes à accepter ta vérité, ta réalité, ta nature ». Parce que tous ces conseils venaient de personnes qui me sont chères, j’ai décidé d’avancer dans ma vie sans partager toute ma vérité avec le monde. M’autoriser à être séduit par la peur et l’insécurité est devenu une prophétie de sabotage que je réalisais au fur et à mesure. Aujourd’hui j’assume l’entière responsabilité de mes décisions et de mes actions.

Si quelqu’un me demandait aujourd’hui « Ricky, de quoi as-tu peur? », je répondrais « le sang qui coule dans les rues de pays en guerre… l’esclavage des enfants, le terrorisme… le cynisme de certaines personnes qui détiennent le pouvoir, la mauvaise interprétation de la foi ». Mais peur de ma vérité? Pas du tout! Au contraire, elle m’emplit de force et de courage. C’est exactement ce dont j’ai besoin maintenant que je suis père de deux magnifiques garçons qui sont si lumineux et qui m’apprennent de nouvelles choses chaque jour. Continuer à vivre comme je l’ai fait jusqu’à aujourd’hui serait une façon indirecte de diminuer la lumière avec laquelle mes enfants sont nés. Ça suffit. Il faut que ça change. Ça ne devait pas se faire il y a 5 ans ou 10 ans, ça doit se faire maintenant. Aujourd’hui est un grand jour pour moi.

Ces années de silence et de réflexion m’ont rendu plus fort et m’ont rappelé que l’acceptation doit venir de l’intérieur et que ce genre de vérité me donne le pouvoir de conquérir des émotions dont j’ignorais l’existence.

Qu’arrivera-t-il à présent? Ça n’a pas d’importance. Je ne peux me concentrer que sur ce qui m’arrive à cet instant. Le mot « bonheur » prend un nouveau sens pour moi à partir d’aujourd’hui. Le processus a été très intense. Chaque mot écrit dans cette lettre est né de l’amour, de l’acceptation, d’une vraie satisfaction. Écrire ceci est un pas solide vers ma paix intérieure et une étape essentielle de mon évolution. Aujourd’hui j’accepte mon homosexualité comme un cadeau que m’a fait la vie. J’ai énormément de chance d’être qui je suis. »

Une heure avant le tweet du coming-out, la star en avait posté un autre, une citation de Martin Luther King: « Nos vies commencent à se terminer le jour où nous taisons ce qui compte ».

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