Avis aux adeptes d’électropunk queer: JD Samson (au centre sur la photo), figure de proue du groupe de riot grrrls Le Tigre, revient sur le devant de la scène. Elle se produit aux côtés de Ginger Brooks Takahashi et Michael O’Neill avec MEN, dans le cadre du festival Les femmes s’en mêlent. Un rendez-vous à ne pas manquer.

Comment est né MEN? J’ai créé ce projet en 2007 avec Johanna Fateman, de Le Tigre. Au début, nous produisions des sets dans les clubs. Puis, nous avons commencé à réaliser des remix et à écrire des chansons originales. En parallèle, je travaillais sur Hirsute avec Ginger Brooks Takahashi, Michael O’Neill et Emily Roysdon. Lorsque Johanna est tombée enceinte et a décidé d’arrêter les concerts, nous avons fusionné les deux groupes. Aujourd’hui, MEN continue avec Ginger, Michael, moi et certains titres auxquels ont collaboré Emily et Johanna.

Comment définirais-tu votre musique? Il s’agit d’un nouveau genre de dance avec beaucoup de guitare, dans un style rock mélodique alternatif. Nous sommes tous les trois homos et nous faisons de la musique gay power. Nous voulons parler à notre communauté et avec notre communauté, créer un espace de réflexion et partager ce que nous ressentons en regard de ce qui se passe sur le plan politique.

Quelles sont les causes qui vous tiennent le plus à cœur? Nous parlons beaucoup de l’économie de guerre. Nous avons tous la trentaine et nous réalisons également à quel point il est compliqué d’avoir des enfants quand on est queer. Le type d’effort que cela représente, sur le plan émotionnel comme sur le plan pratique, nous frustre énormément.

As-tu le sentiment de pouvoir changer le monde à travers ta musique et tes positions? Je ne cherche pas à changer le monde. En revanche, par expérience, je sais que je peux aider les gens. J’ai envie qu’ils se sentent libres d’être qui ils veulent. C’est un moteur pour moi. La particularité des queers est une force et ils méritent le bonheur, au même titre que les autres.

MEN a déjà un bon nombre de chansons à son actif. Pourquoi n’avez-vous jamais sorti d’album? Nous venons de terminer l’enregistrement de notre premier opus mais nous n’avons pas encore de label. Nous avons passé pas mal de temps sur les routes ces derniers temps. Après six semaines de scène en Europe au printemps dernier, nous avons enchaîné sur une tournée américaine. Puis, nous avons fait les premières parties de Gossip et de Peaches aux États-Unis. Cela ne nous a pas laissé beaucoup de temps pour nous pencher sur la question.

Votre public est-il le même en France qu’aux États-Unis? Pas tout à fait. En Europe, la barrière du langage intervient. Les gens fument davantage aussi, donc ils font des allers retours entre la salle et l’extérieur. Et surtout, ils boivent beaucoup plus. Parfois, ils viennent nous voir après les shows. Ils ont plein de trucs à nous dire et on a peur qu’ils nous vomissent dessus!

Retrouvez-vous des fans de Le Tigre? Oui, mais pas uniquement. Il y a aussi une nouvelle génération de personnes qui n’a jamais entendu parler de nous avant ou qui ne connaît pas Le Tigre. C’est intéressant car nous n’avons pas de marketing autour du groupe. Nous faisons vraiment les choses dans un esprit indie et tout fonctionne grâce au bouche à oreille.

Beaucoup de gens continuent à espérer un retour de Le Tigre. Avez-vous des projets dans ce sens? Nous préparons un DVD sur la dernière tournée du groupe. Il devrait sortir d’ici l’année prochaine. Nous gardons un souvenir exceptionnel de cette période mais, en dehors de ce projet, nous n’avons rien de concret pour le moment. On verra bien ce que nous réserve la suite…

Quels artistes ont retenu ton attention récemment? J’adore les groupes londonien Trash Kit et Pens. Ponytail, de Baltimore, fait également partie de mes derniers coups de coeur. Molly, la chanteuse, est hallucinante. J’aime aussi Dance Yourself to Death, de Toronto, actuellement en tournée européenne. Quand au dernier album de Gossip, je le trouve absolument génial!

Pas mal de gens leur reprochent ce nouveau son, très clean… Certains puristes prônent l’ouverture d’esprit mais ne veulent pas que les musiciens de la communauté punk évoluent. C’est très réducteur, à mon sens. Gossip a franchi un nouveau cap en rencontrant le mainstream et j’adore le résultat.

Si vous aviez l’opportunité d’enregistrer un album très produit, comme eux, en feriez-vous autant? Bien sûr! Notre album est d’ailleurs assez produit et nous n’avons pas peur de faire du bon son.

Retrouvez MEN, dans le cadre du festival Les femmes s’en mêlent, le 30 mars à Riorges, le 31 à Grenoble, le 1er avril à Clermont-Ferrand et le 2 avril à Paris (Alhambra).

MEN sur MySpace

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Jouez avec Yagg et gagnez une croisière de rêve! Cliquez ici.