La séance plénière du lundi 29 mars a permis de bien délimiter les enjeux majeurs liés à cette 5e Conférence francophone VIH-sida, qui réunit plus de 1400 médecins, chercheurs et membres d’associations, jusqu’au 31 mars, à Casablanca. Les nouveaux outils de prévention et les stratégies nouvelles de traitement encadraient ce qui fait toujours le nerf de la guerre, l’argent.

Dimanche soir, la cérémonie d’ouverture (photo) avait donné le ton. Que ce soit en matière de recherche, de prise en charge ou de prévention, l’heure est plus que jamais à la mobilisation contre le sida et même à une accélération. La conférence a d’ailleurs pour sous-titre: « Renforcer les ressources ».

Dans son intervention, Catherine Hankis, de l’Onusida, a souligné que « la prévention avait évolué ». Il convient, selon elle, de bâtir une stratégie de synergie: le traitement et la prévention se renforcent mutuellement. Mais aujourd’hui, les bénéfices du traitement renforcent la prévention.

L’année 2010 devrait notamment être marquée par les résultats de plusieurs essais de PreP (prophylaxie pré-exposition), puisque plus de 20000 personnes, notamment des gays, ont été recrutées à travers le monde, pour voir si l’administration d’un traitement en préventif peut réduire (et dans quelle proportion) le risque de transmission. Catherine Hankis a également présenté plusieurs études très commentées qui ont fait la preuve de la très forte diminution de la transmission – grâce au traitement – dans les couples sérodiscordants. Une session sera d’ailleurs consacrée un peu plus tard dans la conférence au thème du traitement comme outil de prévention (TASP).

VIBRANT PLAIDOYER POUR LE FONDS MONDIAL
Cela fait des années que Jean-Paul Moatti, économiste et chercheur à l’Inserm à Marseille, s’est investi dans la recherche sur le sida, afin de démontrer l’impact économique positif de la mise en place des programmes de traitement dans les pays du Sud. Il s’est lancé dans un plaidoyer en faveur de l’intensification des efforts financiers dans la lutte contre le VIH.