La conférence régionale asiatique de l’International lesbian, gay, bisexual, transgender and intersex association (Ilga) devait se tenir cette semaine à Surabaya, en Indonésie. D’abord autorisée par les autorités publiques, elle a finalement été interdite mercredi dernier: la police municipale craignait de ne pouvoir protéger les participants menacés par des manifestants religieux.

« Les participants de la conférence, qui étaient déjà sur place, ont été confinés 24 heures dans leurs chambres, sous la menace des groupes radicaux, qui interdisaient  toute entrée ou toute sortie de l’hôtel, rapporte le Comité Idaho, dont le coordinateur international, Joël Bedos, est encore sur place. Finalement, c’est sous forte escorte policière que les militants LGBT, une quarantaine de délégués internationaux venus de 16 pays, et une quarantaine de citoyens indonésiens, ont pu être évacués dans la nuit du 26 au 27 vers des lieux plus sûrs. »

« C’EST LA MILICE QUI COMMENCE À FAIRE LA LOI ICI »
« Malheureusement, nous avons du céder devant les menaces, mais le plus important pour nous était d’assurer la sécurité de tous, a estimé P., présidente de l’organisation LGBT de Surabaya, citée par le Comité Idaho. Nous sommes choqués par la situation et par le fait que dans notre pays, la police ne puisse assurer notre sécurité en tant que simple citoyens, se réunissant à titre privé. Rien dans nos lois n’interdit l’homosexualité, et notre présence dans cet hôtel n’a rien d’illégal. C’est la milice qui commence à faire la loi ici. Si cela se poursuit, c’est la fin de la République. »

« INSTRUMENTALISER LA RELIGION »
Dans un communiqué, le Comité Idaho « remercie la diplomatie française, qui s’est montrée tout à fait réactive en la circonstance, et souhaite que le gouvernement français et les instances européennes demandent des explications aux autorités indonésiennes ». « Ces incidents scandaleux confirment toute l’urgence de la campagne du Comité Idaho « Religions, homophobie, transphobie », que nous lançons justement cette année, souligne Louis-Georges Tin, le président du Comité Idaho. Nous ne pouvons laisser des discours radicaux et marginaux monopoliser l’espace public par la force et la menace. Qu’ils soient musulmans, chrétiens, juifs ou autres, les croyants, dans leur grande majorité, doivent s’inquiéter, et protester contre ces agressions homophobes et transphobes, menées sous couvert de religion. On ne saurait utiliser la foi pour justifier l’injustifiable. Et nous souhaitons travailler avec les croyants de bonne volonté, qui refusent que l’on puisse instrumentaliser la religion pour cautionner la violence homophobe et transphobe. »

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