La Halde (Haute autorité de lutte contre les discrimination et pour l’égalité) a une nouvelle présidente. Nommée hier par Nicolas Sarkozy, Jeannette Bougrab succède à Louis Schweitzer à la tête de cette jeune institution, créée en 2004.

MAIS QUI EST JEANNETTE BOUGRAB?
Cette fille de harkis, qui se revendique du gaullisme social, a été professeure de droit public et maitre de conférence à l’université Paris I Panthéon Sorbonne et à Sciences Po. Militante UMP – après avoir été membre de SOS Racisme –, elle se fait remarquer par l’ancien président du Conseil constitutionnel Pierre Mazeaud et par Alain Juppé qui la nomment en 2002 secrétaire nationale du parti, chargée d’animer le groupe de réflexion sur l’équité dans l’accès au marché de l’emploi et dans la vie professionnelle.

En 2004, à son arrivée à la tête de l’UMP, Nicolas Sarkozy lui confie le secrétariat national des nouvelles adhésions, aux côtés d’Yves Jégo. En 2007, elle se retrouve candidate aux élections législatives dans la circonscription du 18e arrondissement de Paris où elle se fait battre avec seulement 36,71 % des voix contre 63,29 % pour le candidat PS Christophe Caresche. Mais cet échec est vite oublié, puisqu’en septembre de la même année, elle est nommée au Conseil d’État par le président Sarkozy. Devenant par la même occasion l’une des « minorités visibles » du président.

Proche du président de la République donc, elle est aussi une proche de Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, nous apprend Le Figaro. Membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe et du Conseil d’analyse de la société, elle prend également en janvier 2010 la présidence du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE).

À 36 ans, la voilà désormais nommée, encore et toujours par Nicolas Sarkozy, à la présidence de la Halde.

C’est donc finalement dans le camp UMP que le président a préféré piocher cette fois-ci, une façon peut-être de rassurer les opposants à l’ouverture dans la majorité présidentielle. Et un bon compromis aussi, qui clôt la polémique ouverte il y a 2 semaines par Gérard Longuet, qui avait estimé qu’il valait mieux nommer quelqu’un du « corps français traditionnel » plutôt que le socialiste Malek Boutih, que la rumeur désignait alors.

INDÉPENDANCE?
Il est légitime de se demander – sans lui faire de procès d’intention – si ses multiples nominations par le chef de l’État, le fait qu’elle lui doive en quelque sorte son ascension politique, lui permettront d’avoir le poids et l’indépendance nécessaire à cette nouvelle fonction. Dans cette institution qui fait si peur au gouvernement, sera-elle en mesure d’imposer quoi que ce soit?

La Halde s’est retrouvée ces derniers temps particulièrement menacée, au point que plusieurs associations se sont mobilisées début mars pour la défendre (lire notre article): moyens et budgets réduits, instauration du “défenseur des droits” auquel la Halde pourrait être rattachée, menaces de dé-construction de l’institution, manque d’autonomie, etc. Cette institution a plutôt tendance à déplaire à ce gouvernement.