S’afficher homosexuel ou simplement parler de l’homsoexualité reste chose difficile dans l’enceinte des lycées? Dans ce récit passionnant tiré de son expérience d’enseignante, Septembre analyse la façon dont l’institution, les profs, mais aussi les adolescents, vivent cette réalité.

« De quoi je me mêle? », par Septembre
Dans le lycée où j’officie, j’observe avec une certaine satisfaction la population lesbienne tout juste pubère afficher sa fierté d’être homosexuelle à grands coups de baisers dans les couloirs et la cour de récréation. Oh, rien d’indécent. Des embrassades adolescentes, des étreintes fugaces, des mains dans d’autres mains. Les filles ont d’ailleurs recréé une sorte de communauté : elles se retrouvent devant le lycée, toutes sections et tous âges confondus, solidaires et amies. Certaines se postent cependant dans le hall, où le défilé des grands et petits machins pleins d’hormones est le plus intense. Là, l’acte est plus politique et se veut clairement provocant. Mais personne ne s’offusque et tout le monde fait semblant de ne rien voir. Ça me plaît, il y a là quelque chose de l’ordre d’une banalisation, d’une normalisation, d’une indifférence qui me réchauffe le cœur. Pour autant, ne rêvons pas, les couples gays sont, eux, invisibles.