Crouch, touch, pause, engage! Point d’orgue, ce soir, du Tournoi des Six Nations avec le prestigieux France-Angleterre, l’un des sommets du rugby mondial. Et ce soir, si la France gagne, c’est Grand Chelem!

Double détente. 20 mars, c’est le printemps et le final du Tournoi des Six Nations. Et quel final! Après Pays-de-Galles-Italie (15h30), Irlande-Écosse (18h), la France reçoit l’Angleterre à 20h45. La confrontation, que l’on appelle le crunch, est encore plus croustillante que de coutume: en cas de victoire, la France réaliserait le 9e Grand Chelem de son histoire. Pour profiter à fond de ce match, vous pouvez plonger au cœur de la mêlée en 3D, comme Yagg vous l’a annoncé, ou vous joindre à nous à l’Apéro des Losers.

Irrésistible. Souvenez-vous. C’était le 6 février. Le gratin du rugby européen retournait dans le pré pour le Tournoi des Six Nations (lire Terrains de Jeux du 6 février). À mesure que les jours ont rallongé, les Bleus ont battu l’Écosse, l’Irlande, le Pays de Galles. En s’imposant le 14 mars face à l’Italie, ils ont gagné le droit de rêver au Grand Chelem: battre les cinq adversaires dans un même tournoi. Et par une belle conjonction des astres, des planètes ovales et du calendrier 2010, la France termine la tournée des grands ducs ce soir, au Stade de France, contre l’Angleterre avec le crunch, donc.

Bête noire. Vous connaissez l’histoire. Nous et eux, chiens et chats, la Manche entre nous, la conduite à droite et nous à gauche, les petits pois très verts, nos cuisses de grenouille, bref, la rivalité séculaire entre les deux pays. Voilà pour les clichés. Le crunch, que l’on peut traduire par le moment crucial, c’est donc la rencontre entre deux mondes, entre deux rugbys. Le jeu qui vient de là-bas où ont été inventées les règles, un rugby intransigeant, méthodique contre le grain de folie du French Flair avec ce qu’il peut comporter de débordant, d’indiscipliné. Ce nombre de rencontres, dans les années 1980 ou 1990 perdues aussi sur des pénalités encaissées.

Dans le Tournoi, le duel dure depuis 100 ans tout rond: les Français et les Anglais s’y sont rencontrés pour la première fois en 1910. La France a mis 17 ans à remporter son premier match contre la Rose.

Après, cela s’est un peu arrangé. Juste un peu arrangé. Les Anglais ont souvent pris le meilleur, devenant la bête noire. Depuis 1906, en 92 rencontres toutes compétitions confondues, ils l’ont emporté 50 fois, contre 35 à leurs adversaires français et sept matches nuls. Dernièrement, l’Angleterre a gagné ses trois derniers matches contre les Bleus, dont la demi-finale de la Coupe du monde en 2007 et les deux précédentes rencontres dans le Tournoi.

Laboratoire. Ce soir, les Français sont favoris. Le laboratoire installé en 2008 à l’arrivée de Marc Lièvremont a porté ses fruits. Depuis deux ans, le sélectionneur a testé de très nombreux joueurs. Une nouvelle génération – Morgan Parra, Mathieu Bastareaud, Julien Pierre – s’est enroulée autour de joueurs expérimentés comme Imanol Harinordoquy (en haut, à gauche sur la photo), Yannick Jauzion ou Lionel Nallet. Elle a pu laisser partir en toute sérénité des pièces maîtresses comme Raphaël Ibañez ou Fabien Pelous. Comme Terrains de Jeux l’indiquait en février 2009, cette équipe de France avait une gueule à briller au Tournoi 2010… (Là, je frime parce que pour une fois que j’ai raison: la semaine dernière, je vous annonçais un premier Grand prix de Formule 1 passionnant: WRONG!).