« Nous sommes plusieurs intellectuels de diverses confessions inquiets des discriminations, des violences et des humiliations dont les homosexuels et transsexuels continuent à être l’objet. Bien éloignés de croire à un « sens progressiste de l’histoire » qui serait en quelque sorte irréversible et fatal, nous sommes inquiets de voir cette tendance répressive augmenter. Au-delà des convictions spirituelles, éthiques et même théologiques, nous croyons que nos Églises et nos confessions religieuses ont une parole publique commune à tenir à ce sujet. »

À DEUX MOIS DU 17 MAI
C’est ainsi que débute l' »Appel contre l’homophobie et la transphobie » publié aujourd’hui dans Le Monde.fr, à deux mois jour pour jour de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie – le 17 mai –, dont le thème, cette année, est justement les religions.

Dans cette tribune, le philosophe Olivier Abel (professeur de philosophie éthique à la Faculté Libre de Théologie Protestante de Paris), l’essayiste Jean-Claude Guillebaud (auteur, notamment, de Comment je suis redevenu chrétien), le théologien Tarek Oubrou (imam de la mosquée de Bordeaux) et le rabbin Rivon Krygier (docteur en science des religions et rabbin de la communauté Adath Shalom à Paris) s’inquiètent d’un retour à un ordre moral: « S’il ne s’agissait que d’un appel au sens éthique de chacun, au sens où l’éthique est une parole qui ne tombe pas d’en haut et ne s’impose pas, mais se communique de proche en proche de façon « résistible », nous ne pourrions qu’applaudir. (…) Mais cet ordre moral risque de se transformer en normes de droit qui légitimeraient plus d’exclusion et de violence, déjà perceptibles dans nos sociétés, à l’égard de ceux qui ont une sexualité différente de celle de la majorité ».

« DES FAITS QUI ONT TOUJOURS EXISTÉ »
« Il ne s’agit pas de lutter pour un droit: l’homosexualité et la transsexualité sont des faits qui, sous des figures et des noms divers, ont toujours existé et existeront toujours », soulignent-ils, avant d’en appeler « à une déclaration commune, ou du moins à une expression claire de chacune des différentes confessions, ici en France, qui ne vise pas à demander pour les homosexuels et transsexuels le droit de se marier ou d’avoir des enfants, mais pour rappeler de façon solennelle l’importance de la lutte contre les violences homophobes et transphobes ».

Avec ce texte (en intégralité ici), Olivier Abel, Jean-Claude Guillebaud, Tarek Oubrou et Rivon Krygier semblent vouloir obtenir des leaders religieux français une sorte d’équivalent de l’énoncé conjoint sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité et de l’identité de genre lu devant l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2008 (lire notre article): il ne s’agit pas d’obtenir pour les LGBT d’autres droits que celui de vivre sans violence. Dans un certain nombre de pays, c’est loin d’être gagné. En France, ce devrait déjà être acquis.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.

Jouez avec Yagg et gagnez une croisière de rêve! Cliquez ici.