Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, s’est exprimé sur Radio Notre-Dame (vidéo ci-dessous), il y a déjà quelques jours, au sujet des débordements violents de catholiques extrémistes le 14 février dernier lors du kiss-in contre l’homophobie sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

UNE CONDAMNATION TRÈS ATTENDUE
Nombreux étaient ceux qui attendaient une réaction de sa part et une dénonciation ferme de ces violences. Le 17 février dernier, le mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan, « consterné par le spectacle que des personnes se réclamant du catholicisme ont donné » ce jour-là, demandait « expressément [au cardinal] de condamner publiquement ces violences homophobes perpétrées devant sa cathédrale ». (…) « Il est des silences qui ne peuvent être compris que comme une caution », ajoutait-il (lire notre article).

Quelques jours plus tard, c’est Stéphane Lavignotte, pasteur de la Maison verte de Paris 18e (mission populaire évangélique) et membre du Carrefour de chrétiens inclusifs, qui écrivait une lettre ouverte à l’archevêque dans le journal Libération, intitulée « L’archevêque et ses ouailles homophobes ». « Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui certains jeunes catholiques se sentent autorisés à de tels comportements? (…) Je ne peux croire que vous restiez silencieux sur de tels comportements (…). Une absence de prise de position pourrait leur laisser croire une sympathie de votre part et valider leur amalgame entre les positions de l’Église catholique et la légitimité de l’homophobie », déclarait-il.

Voila enfin cette condamnation tant attendue! Elle vient en réponse à la journaliste Clémence Houdaille de Radio Notre-Dame, qui interroge Mgr Vingt-Trois sur ces violences suite à cette publication de Stéphane Lavignotte. Présentant les faits, elle parle de jeunes catholiques venus « protester en proférant des insultes homophobes », omettant de parler des violences physiques inouïes (notamment les tabassages à coups de casques de motos), de la proximité de ces groupes avec l’extrême droite, des saluts nazis et des « Habemus papam » qui les accompagnaient.

NE PAS « TRANSFORMER UN JUGEMENT MORAL EN ACCUSATIONS »
Et l’archevêque de répondre: « Les organisateurs, en accord avec la préfecture, précisément pour éviter qu’il y ait des troubles sur le parvis, avaient accepté de transporter l’événement sur la place Saint Michel (…). Donc c’est tout à fait surprenant que, alors que la manifestation s’est déroulée tout à fait bien sur la place Saint Michel, on en retrouve un morceau sur le parvis de la cathédrale. Donc il ne faut pas dire qu’ils ont été poursuivis. S’ils avaient été poursuivis, ils l’auraient été sur la place Saint Michel ». À l’écoute de ces propos, on ne voit pas très clairement où le cardinal Vingt-Trois veut en venir. Considère-t-il que le fait que quelques participants au kiss-in se soient rendus à Notre-Dame les rend responsables de la tournure des violences?