Mais pourquoi la Halde fait-elle si peur à la droite? « M. Sarkozy s’agace depuis plusieurs mois de l’influence grandissante de la Halde qui, sous la présidence, de M. Schweitzer, a réussi à s’installer dans le paysage: elle n’a pas hésité à bousculer les entreprises, notamment sur la création du CV anonyme. Elle a su également favoriser l’émergence d’une jurisprudence contre les discriminations et a, plusieurs fois, rappelé à l’ordre le gouvernement sur des dispositions qu’elle jugeait discriminatoires », pouvait-on lire la semaine dernière dans Le Monde.

Comme l’écrivait Daniel Borrillo sur Yagg en novembre dernier, « la Halde est un organisme indépendant qui répond aux exigences de l’Union européenne et correspond à la volonté des pouvoirs publics français de mettre en œuvre une instance capable d’affaiblir les discriminations sans se substituer à la justice ».

Alors que le mandat de son président, Louis Schweitzer, arrive à échéance, le gouvernement envisage de rattacher la Halde à une autre institution, le Défenseur des droits, par exemple, créé par la révision constitutionnelle de juillet 2008 mais dont les attributions restent à préciser.

Dans un communiqué, SOS homophobie « s’inquiète de ce regroupement et demande au gouvernement et à la majorité d’y renoncer »: « Les risques du regroupement envisagé sont clairs: tout d’abord une perte de visibilité dans les médias et l’opinion de ces autorités indépendantes, alors que la Halde n’est aujourd’hui connue que de 54% des Français-e-s. Mais le risque majeur est qu’elles se voient dépouillées en douce de leurs moyens. En effet, lorsque le Parlement n’aura plus à s’exprimer que sur les crédits globaux du Défenseur des droits, le public n’aura plus aucune visibilité sur la répartition des moyens financiers entre ces autorités, dont on sait que les recommandations et rapports dérangent régulièrement le pouvoir ».

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