Commençons par les déceptions: pas d’Oscar du meilleur acteur pour Colin Firth dans A Single Man (mais il était temps que Jeff Bridges en ait un pour The Big Lebowski Crazy Heart) et pas d’Oscar du meilleur film étranger pour Un prophète.

Les bonnes nouvelles: Mo’Nique!!! Effrayante de justesse dans Precious (qui a aussi remporté l’Oscar de la meilleure adaptation), Mo’nique a remercié son mari Sydney Hicks « pour [lui] avoir montré que parfois il faut renoncer à faire ce qui est populaire pour faire ce qui est juste » et rendu hommage à Hattie McDaniel, la première actrice noire à être récompensée d’un Oscar du meilleur second rôle. C’était en 1940, pour Autant en emporte le vent.

Hattie McDaniel aux Oscars, 1940:
httpv://www.youtube.com/watch?v=t3hpmgn7Q30

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Mo’Nique aux Oscars, 2010:
httpv://www.youtube.com/watch?v=u13HvA-96Ls&feature=player_embedded

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Pour l’occasion, comme elle l’a expliqué en conférence de presse, Mo’Nique portait une robe bleu roi et un gardénia dans les cheveux, comme Hattie McDaniel il y a 70 ans.

Deuxième occasion de se réjouir: l’Oscar de la meilleure réalisation est revenu à Kathryn Bigelow (également récompensée pour le meilleur film) pour Démineurs, passé quasiment inaperçu en France lors de sa sortie en septembre 2009. C’est la première fois que les Oscars récompensent une réalisatrice. Je n’ai pas vu le film, mais symboliquement, c’est énorme (et en plus c’est Barbra Streisand qui remettait le prix). « J’espère être la première d’une longue série, a déclaré l’heureuse élue en conférence de presse. Bien sûr, j’adorerais pouvoir me voir simplement en cinéaste (…). Mais je serai très heureuse si je peux inspirer de jeunes cinéastes intrépides, hommes ou femmes, et leur donner le sentiment que l’impossible est possible et qu’il ne faut jamais renoncer à son rêve. »

Une interrogation: Sandra Bullock? Vraiment? J’adore Sandra Bullock depuis Speed et Miss Detective (je sais, j’ai des goûts éclectiques), et son baiser à Meryl Streep en janvier dernier était un joli bonus (lire notre article), mais ce n’est pas une actrice à Oscars. Helen Mirren et Meryl Streep peuvent jouer n’importe quel rôle naze et mériter l’Oscar 10 kilomètres devant Sandra Bullock au sommet de sa forme. N’empêche, elle est très forte. La veille elle recevait un Razzie Award de la pire actrice de l’année, et elle n’a pas eu peur d’aller le chercher.

Sandra Bullock aux Razzie Awards:
httpv://www.youtube.com/watch?v=adYced7GB8k&feature=player_embedded

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Elle est lucide, elle pense avoir eu sa statuette à l’usure… Et surtout, elle a réussi à caser « my lover Meryl Streep » dans son discours de remerciement aux Oscars: « Gabby [Gabourey Sidibe, nommée pour Precious], je t’adore. Tu es exquise. Je n’ai pas de mots pour dire ce que je pense de toi. Carey [Mulligan, nommée pour Une éducation], ta grâce, ton élégance, ta beauté et ton talent me rendent malade. Helen, j’ai l’impression que nous appartenons à la même famille, et je ne peux pas exprimer ce que je pense de toi. Et Meryl, tu sais ce que je pense et tu embrasses tellement bien! (…) Merci de cette chance que je partage avec toutes ces femmes extraordinaires et mon amante Meryl Streep ». Avec au passage un gros remerciement à sa mère, qui l’a poussée à travailler pour devenir ce qu’elle est et lui a appris qu’aucune origine, religion, classe sociale, couleur, orientation sexuelle ne rend supérieur.

Sandra Bullock aux Oscars:
httpv://www.youtube.com/watch?v=GcQpjx9QtLo

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Pour revivre cette soirée, il vous reste le liveblogging par Maxime Donzel et Nizar Triki (avec Yannick Barbe en coulisses et dans les commentaires), à retrouver ici.

Photo Richard Harbaugh / ©A.M.P.A.S.