« Ce crime survenu à quelques jours de la journée internationale des femmes (8 mars) rappelle tragiquement les nombreuses violences sexuelles que subissent les femmes en général et les lesbiennes en particulier. Et pourtant il s’agit encore trop souvent d’un sujet tabou; cette réalité doit nous interpeller collectivement car chaque viol constitue une profanation irrémédiable du corps et de l’esprit de la victime qui le subit. »

Le crime évoqué par le Collectif contre l’homophobie (CCH) est le viol d’une lesbienne de 32 ans, survenu à Béziers, dans la nuit du 3 au 4 mars, qui n’est pas sans rappeler les viols correctifs dont sont notamment souvent victimes les lesbiennes sud-africaines (lire ici).

« Dans la nuit du mercredi 3 mars 2010, une femme homosexuelle de 32 ans a été victime d’un viol en réunion en raison de son orientation sexuelle à Béziers, rapporte la LGP Montpellier LR. Les deux agresseurs lui ont été présentés lors d’une soirée chez un ami. À l’issue de cette rencontre, les auteurs lui ont proposé de la raccompagner à son domicile. Cette jeune biterroise y a alors subi un viol d’une extrême violence et d’une rare sauvagerie avec une bouteille et puis à plusieurs reprises par les auteurs âgés de 25 et 35 ans. L’orientation sexuelle de la victime semble être à l’origine de ce crime odieux et révoltant. La jeune femme s’est sortie des griffes de ses agresseurs en sautant de son balcon pour atterrir chez son voisin, un étage plus bas. Les secours et services de police ont aussitôt été alertés et les deux hommes interpelés. L’un d’entre eux a nié les faits lors de l’interrogatoire pendant qu’au même moment, son complice l’accusait formellement. Ils ont été tous deux placés en détention. »

SOUTIEN ET SOLIDARITÉ
Le CCH et la LGP affirment leur soutien et leur solidarité à la jeune femme. « Ce viol accompagné d’actes de torture est un crime dont les auteurs doivent être sévèrement châtiés. Nous veillerons avec vigilance à la prise en compte par le procureur de la République de Béziers de toutes les circonstances aggravantes (dont celle concernant l’infraction commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime) », insiste le CCH tandis que la LGP Montpellier LR demande au procureur de faire « preuve de célérité dans le traitement de ce dossier ».

Le CCH conclut: « Nous en appelons aux pouvoirs publics afin que la spécificité des violences faites aux femmes homosexuelles soit pleinement prise en compte dans leurs politiques publiques. Cela peut et doit commencer dès cette année puisqu’en 2010 les violences faites aux femmes ont été consacrées Grande Cause Nationale. Cela peut et doit se poursuivre au niveau local par un soutien aux associations qui œuvrent contre les discriminations ».

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