À Lille, sous le titre Pilot Light, le FRAC Nord-Pas de Calais et la fondation Art Aids proposent un ensemble d’expositions sur le thème « réflexions d’artistes contemporains sur le sida ». Compte rendu d’une visite à l’espace Le Carré à Lille qui montre des œuvres des années 80-90 et à la Maison Folie de Moulins qui montre des œuvres contemporaines.

QUE PEUT L’ART CONTRE LE SIDA?
L’art ne peut bien entendu rien contre le sida. Mais il a permis à des hommes et à des femmes de dire leur colère face à l’irresponsabilité des pouvoirs publics dans les années 80. C’est le cas du collectif Gran Fury né au sein d’Act Up-New York, inventeur de l’identité visuelle de l’association de lutte contre le sida, et à qui l’on doit le triangle rose remis sur sa base et le slogan « Silence = Death », dont l’exposition montre quelques affiches originales.

Gran Fury Poster 1988 Art is not enough

D’autres ont su utiliser l’art pour témoigner des souffrances vécues par eux-mêmes ou leurs proches dans la tourmente d’une épidémie qui a bouleversé le mode de vie de la communauté homosexuelle. L’apparition de la maladie au début des années 80 a ainsi transformé le journal photographique de Nan Goldin en document sur l’épidémie. L’exposition présente à juste titre la célèbre photographie montrant Gotscho et son ami Gilles Dusein, depuis disparu, enlacés.

Gran Fury Poster 1988

L’art a aussi permis  de dire l’expérience du deuil vécu à l’âge où l’on croit que la vie commence, comme l’a fait Felix Gonzalez-Torres. Rappelons que ce dernier a réussi en outre à signaler que ce drame privé était aussi une affaire politique en ce qu’il touchait ceux (homosexuels, drogués, prostitué-e-s, migrants, prisonniers…) et ce (le sexe) auxquels les conservateurs et tous les bien-pensants refusaient le droit de s’exprimer librement.