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Michael, you’re dancing like a beautiful dance whore, par Firefox
Lorsque je suis avec quelqu’un que je ne connais pas, et que j’ai envie d’en savoir plus, j’aime bien poser des questions inutiles auxquelles il est impossible de répondre. Au hasard : Quels sont les parfums de glace qui se marient le mieux selon toi, et pourquoi? Quels sont tes souvenirs de vacances les plus réconfortants? Véronique Sanson ou France Gall? L’activité qui parvient à te détendre en toutes circonstances? Les chansons qui ont marqué ta vie?

Jusqu’à présent, personne ne m’a retourné la question. J’en pâlis d’avance. Je serais bien infoutue d’expliquer pourquoi j’ai eu mes premières émotions sportives en regardant Michael Johnson courir 200 et 400 mètres sur les pistes d’Atlanta ni pourquoi mon petit-déjeuner est si manifestement déséquilibré et chocolaté.

Je vais néanmoins essayer de répondre à la dernière question, sans doute celle que je pose le plus souvent. Quelles sont les chansons qui ont marqué ma vie?

Thunderstruck. Un après-midi de 1994, ma mère me tient la main pendant que nous faisons les courses dans une grande surface narbonnaise. J’ai toujours beaucoup aimé la musique, mon premier cadeau de noël a été une chaîne hi-fi. Là, devant le rayon des skeuds, ma maman s’accroupit, et me dit de choisir n’importe quel album. Celui que j’aime. Celui que j’ai envie d’écouter. Mon premier album.

Elle me laisse seule quelques minutes. J’hésite. Puis je reviens vers ma mère, un disque à la main. Ça s’appelle AC/DC live, y a un mec en short avec des cheveux longs sur la pochette, ça me plait.

Pendant des jours, je n’ai pas été plus loin que l’écoute de l’intro du premier morceau, Thunderstruck. Juste ce riff fou à la guitare. J’ai attendu des années avant que d’écouter le refrain.

C’est à cause d’Angus Young que j’ai commencé la guitare. Mark Knopfler n’a fait que confirmer tout l’amour que je porte à l’instrument.

I’m a slave 4U. Le corps de Britney en sueur, ça me fait encore de l’effet rien qu’en y repensant… C’est l’âge des dernières boums, celles où tu demandes à une fille de t’accorder un slow « parce qu’il y a pas assez de garçons ». Tu parles. Il y a toujours eu autant de garçons que de filles dans ces foutues boums. Mais tu préférais user de vils prétextes pour pouvoir poser tes mains sur les hanches de fausses blondes à qui tu n’aurais jamais osé parler au collège. Ça marchait pas mal. À ce moment-là, tu n’appelles pas encore ça « homosexualité », tu fermes juste les yeux parce que tu te sens bien.

Ce sont mes seuls souvenirs de cette période. Le reste a été méticuleusement effacé de ma mémoire.

Michael. C’est le lycée, tu es devenue une presque vraie fille, qui traîne enfin avec des filles. Tu découvres ce nouvel univers fantastique: les heures passées au billard (ô joies du séchage de cours), les premières soirées, les premiers flirts.

J’avais acheté un double CD de Franz Ferdinand, groupe dont le single Take Me Out passait trop souvent à la radio. Un groupe écossais donc foutu d’avance. J’écoute Franz Ferdinand en lorgnant du côté des Sex Pistols. Je découvre un type qui s’appelle Hubert-Félix Thiefaine et une fille qui parle de cheval noir et de cerisier. Je suis en colère. Je manifeste. On est quatre dans ce putain de train, avec ces billets négociés à 2 euros, le prix pour aller s’égosiller dans les rues sous la pluie. 20000 qu’on était, c’est du moins ce qu’ils disaient au mégaphone. Moi, je me souviens qu’on était quatre.

Et parmi les quatre, il y avait elle.

Un matin de septembre, elle est assise là, par terre. Je m’installe à côté. On parle de tout, de rien. Je ne me souviens plus comment je me suis retrouvée à califourchon sur elle, mon visage penché sur le sien. Mais je me souviens très bien du déni. Et de la chanson.

« Michael, you’re the only one I’d ever want
Beautiful boys on a beautiful dancefloor
Michael, you’re dancing like a beautiful dance whore
Michael, waiting on a silver platter now
 And nothing matters now… »‘

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