Suite aux pressions internationales, le président ougandais Yoweri Museveni semble prendre un peu de recul sur la proposition de loi homophobe « Anti-homosexuality bill » sur laquelle le Parlement devra se prononcer dans les jours prochains, à Kampala (lire notre article). Mais pas sûr que l’on puisse déjà crier victoire…

Dans un discours mardi dernier (vidéo ci-dessous), devant les membres de son parti, des parlementaires qui seront amenés à voter, il a évoqué les pressions internationales qu’il subit depuis quelques temps à cause de cette proposition de loi: « Le premier ministre du Canada vient me voir. Et de quoi me parle-t-il? Des gays. Le premier ministre britannique Gordon Brown vient me voir. Et de quoi me parle-t-il? Des gays. L’autre jour, ici même, Mme Clinton m’appelle. Et de quoi me parle-t-elle? Des gays, » raconte-t-il, visiblement amusé de la situation. Et de continuer: « Il y a eu à New York une manifestation qui a rassemblé 300000 homosexuels. À part moi, qui d’entre vous, membres du Parlement, a déjà rassemblé 300000 personnes? », ironise t-il avec un large sourire.

Ce n’est pas sans un certain cynisme, donc, que le président Museveni évoque auprès des parlementaires les éventuelles conséquences diplomatiques de cette loi. Il avertit certes les membres de son parti des risques possibles de perdre des donateurs, mais ne semble tout de même pas s’émouvoir des réactions que cette proposition de loi homophobe et inhumaine provoque au sein de la communauté internationale. Et dans ce reportage d’une chaine ougandaise, le seul à sous-entendre que le gouvernement va céder aux pressions occidentales, c’est le reporter.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Pur2IJ5ddCU&feature=player_embedded

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez ici.

Ainsi, malgré une mise en garde qui relève en quelque sorte du service minimum, Yoweri Museveni ne lance aucun appel à voter contre la proposition de loi, il n’évoque explicitement aucun renoncement à la pénalisation de l’homosexualité, aucun fléchissement sur le bien-fondé de celle-ci, n’envisage pas de mettre son veto à la loi si elle est adoptée. Les avertissements des diplomates étrangers le distraient, et l’embarrassent peut-être, un peu – on ne sait pas –, mais ne lui font en tout cas pas particulièrement prendre conscience de quoi que ce soit en terme de respect des droits humains.