Un communiqué de presse de l’intergroupe du Parlement européen sur les droits LGBT l’annonce officiellement aujourd’hui: il n’est plus question pour le Rwanda de pénaliser l’homosexualité.

Tharcisse KARUGARAMA« Le gouvernement rwandais ne criminalisera pas l’homosexualité », a déclaré Tharcisse Karugarama (photo), le ministre de la Justice rwandais, suite à une forte mobilisation de diplomates et d’activistes des droits humains.

L’homosexualité n’a jusqu’ici jamais été considérée comme un délit au Rwanda. Pourtant, en décembre dernier, le Parlement rwandais devait se prononcer sur une révision du code pénal et sur l’article 217. Un article qui prévoyait de faire de l’homosexualité un acte criminel, sévèrement puni. Une décision qui s’inscrivait dans un contexte plus général de durcissement de la pénalisation de l’homosexualité en Afrique.

Revirement de situation donc, le Rwanda revient sur cette décision. Le ministre de la Justice rwandais réaffirme fermement que « l’orientation sexuelle est une affaire privée et chaque individu a droit à son orientation – il ne s’agit pas du tout d’une affaire qui concerne l’État ».

Michael Cashman, membre du Parlement européen et coprésident de l’Intergroupe du Parlement sur les droits LGBT, se réjouit de cette décision et félicite les autorités rwandaises: « Dans ce contexte de plus en plus répressif à l’encontre des lesbiennes, des gays et des transgenres dans les pays africains, le Rwanda a pris la bonne décision en refusant de criminaliser l’homosexualité. Il s’agit d’un nouvel exemple du rôle de modèle que joue le Rwanda pour les nations africaines ».

L’homosexualité est actuellement considérée comme un acte criminel dans plusieurs pays africains. Elle est punie de la peine de mort en Mauritanie, au Nigeria, en Somalie et au Soudan, et une loi prévoyant la peine de mort pourrait être bientôt adoptée en Ouganda.

« Avec cette courageuse décision, le Rwanda trace la route vers le respect de tous les êtres humains dans cette région du monde. L’Intergroupe pour les droits LGBT au Parlement européen appelle les autres pays africains à marcher sur les traces du Rwanda et à respecter l’article 2 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, » conclut Michael Cashman. L’article 2 de la Charte garantit les droits de toute personne « sans distinction aucune, notamment de race, d’ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.