Les libéraux-démocrates (Libdems), la troisième force politique du pays, sont partis à l’assaut de l’électorat LGBT en Grande-Bretagne. On s’attend à ce que des élections générales aient lieu vers le mois de mai et les partis politiques commencent  à se positionner et à dévoiler leur programme électoral. Nick Clegg, le chef des libéraux-démocrates, propose des réformes séduisantes qui vont dans le sens d’une totale égalité des droits pour les gays et les lesbiennes et d’un combat marqué contre l’homophobie, tant en politique intérieure que dans la politique étrangère du Royaume-Uni.

S’il reconnaît et salue très positivement les réformes introduites sous les législatures travaillistes (Labour) en matière de droits LGBT, il en souligne aussi  les limites: des progrès considérables ont été accomplis par le Labour (tels l’introduction des unions civiles, l’uniformisation de l’âge du consentement sexuel et la suppression de l’odieuse section 28 qui interdisait la « promotion » de l’homosexualité dans les écoles), mais l’égalité totale des droits n’a pas été accordée.

Face aux Conservateurs, Nick Clegg est nettement plus incisif et sceptique: il rappelle que ce parti s’est par le passé opposé aux droits des homos et défie son leader, David Cameron de prouver qu’il s’engage pour une égalité totale des personnes LGBT. Il trouve que les positions de Cameron manquent de clarté et pense qu’on ne peut guère lui faire confiance.

Voici les points clés de l’ambitieux agenda gay des Libdems, que Nick Clegg a dévoilés au journaliste Johann Hari lors d’une interview pour le magazine gay Attitude (qui offre sa couverture au rugbyman Gareth Thomas):

  • Obliger toutes les écoles, y compris les écoles libres confessionnelles, à lutter contre l’homophobie et le harcèlement et à enseigner que l’homosexualité est « normale et sans danger ».
  • Changer la loi de manière à accorder aux couples gays et lesbiens exactement les mêmes droits qu’aux couples hétérosexuels, y compris le droit à l’utilisation éminemment symbolique du terme mariage pour désigner leurs unions.
  • Lever l’interdiction qui est faite aux hommes gays de donner leur sang.
  • Garantir l’asile politique au Royaume-Uni à tout réfugié qui a fui son pays en raison de persécution fondée sur son orientation sexuelle.
  • Remettre en question l’adhésion de l’Ouganda au Commenwealth si le gouvernement de ce pays devait introduire la peine de mort pour condamner la pratique de l’homosexualité.

Nul doute que les positions du leader libéral-démocrate, qui s’est clairement positionné comme un allié sur lequel on pourra compter, séduiront l’électorat LGBT lors des prochaines élections.

Plus d’infos dans l’article de The Independent ou sur le blog de Johann Hari.

Luc Lebelge

En partenariat avec Gay Kosmopol

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