La ville de Bordeaux commence l’année 2010 sous le signe des droits LGBT.

OUVERTURE D’UN CLGBT
Le centre LGBT Bordeaux-Aquitaine a ouvert ses portes en décembre 2009, grâce au collectif associatif Le Girofard (collectif créé justement pour défendre ce projet). Depuis la fermeture de la Maison de l’Homosocialité en 2003 – pour de simples questions financières suite à l’arrêt des subventions de la DDASS –, les LGBT se trouvaient sans lieu d’accueil, de rencontre et d’écoute, ce qui faisait de Bordeaux l’une des seules grandes villes françaises à ne pas disposer d’un tel espace. Il n’y avait d’ailleurs aucun centre LGBT dans toute l’Aquitaine. Ce centre est enfin là, au 34 rue Bouquière à Bordeaux.

CAMPAGNE D’AFFICHAGE CONTRE L’HOMOPHOBIE
La semaine dernière, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) a lancé une campagne d’affichage contre l’homophobie en présentant près de 80 affiches sur les arrêts de tramways bordelais afin « d’attirer l’attention du public sur ces questions et peut-être susciter des débats ». Une campagne nationale initiée et produite par le Collectif contre l’homophobie (CCH, lire notre article), pour sensibiliser l’opinion aux exclusions et aux violences dont sont victimes les homosexuels.

L’HOMOPHOBIE: AUSSI UNE QUESTION LIÉE A L’URBANISATION
« Cette campagne d’affichage s’inscrit dans une démarche plus générale avec la CUB », explique Matthieu Rouveyre, conseiller général et conseiller municipal PS de Bordeaux, membre du Girophard et à l’origine de ces projets. « On a déjà organisé une conférence-débat en parallèle à la CUB, avec Frank Chaumont, auteur de Homo-ghetto pour discuter de l’homophobie et des souffrances que les homos rencontrent quotidiennement ».

« Il s’agit aussi, à travers cette campagne, de s’interroger sur comment la ville peut produire ou accentuer les discriminations? La construction d’un skate-parc par exemple, qui au départ permet quelque chose de très positif, qui permet aux jeunes d’avoir accès au sport et de se défouler, peut aussi devenir un lieu d’accentuation des discriminations, approprié par des garçons, plutôt forts et virils, un lieu où les filles seront exclues, mais aussi les garçons moins virils, ceux qui n’ont pas les codes… C’est un lieu qui nécessite l’accompagnement par des médiateurs, des animateurs… De la même façon, il s’agit de mettre en place en banlieue des acteurs, des intervenants, qui seront là pour dialoguer et qui vont associer des images positives à l’homosexualité », ajoute-t-il.

« On voulait donner un vrai sens à cette campagne, qu’elle incite les décideurs publics à se poser des questions. Que les publicitaires s’intéressent à ce type de projets. Que les communes s’intéressent à la lutte contre la discrimination. Il s’agit véritablement d’installer une légitimité à ces questions là », conclut Matthieu Rouveyre.

UN DVD DE SENSIBILISATION
Parmi les autres projets du collectif Le Girofard, en partenariat cette fois-ci avec la région Aquitaine, un DVD destiné à être diffusé dans les CFA (Centre de formation d’ apprentis), où considérations homophobes et sexistes sont monnaie courante. Il s’agit d’un DVD présentant six portraits: des femmes exerçant des métiers traditionnellement réservés aux hommes, des portraits d’homosexuels exerçant des métiers souvent associés par ces jeunes à la virilité, ou encore le portrait d’un jeune homme hétérosexuel assistant maternel. Il s’agit en fait de déconstruire les clichés que ces jeunes associent à telle ou telle profession, de faire réfléchir sur la tolérance, de dissocier sexualité et virilité et de «déconstruire l’assignation d’un métier à un sexe ou à une sexualité, » précise Matthieu Rouveyre.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.