Vendredi prochain, le 15 janvier, se tiendra à Pékin la première élection de Mister Gay en Chine. Un pas de géant pour ce pays où l’homosexualité était illégale jusqu’en 1997 et considérée comme une maladie mentale jusqu’en 2001. Huit jeunes gens – que vous pouvez découvrir ici – participeront à cette compétition pour devenir le « gay le plus sexy de Chine ».

La compétition, organisée par l’agence de communication homo Gayographic, comprendra 4 épreuves: un premier défilé en tenue classique, un second en maillot de bain, une séance de questions-réponses et une épreuve de talent (chant ou danse). La compétition se veut tout à fait sérieuse. « Ils doivent nous montrer qu’ils ont un cerveau. Ils doivent répondre à des questions sur les problématiques homos en Chine, » a déclaré Ben Zhang, l’un des organisateurs du concours de beauté, à la radio publique chinoise China Radio International, insistant sur le fait qu’être beau ne suffit pas. Pour espérer participer à la finale de Mister Gay Monde, en février prochain, à Oslo, en Norvège, le vainqueur devra aussi être futé et drôle.

« Nous sommes intelligents, professionnels, beaux et nous sommes gays! » s’amuse l’un des candidats, Emilio Liu, originaire de Mongolie-Intérieure, cité par le quotidien britannique The Guardian, qui publie également un reportage en vidéo. « Je veux que le public sache qu’il y a plein de gens qui vivent comme nous en Chine. Que notre vie est merveilleuse et elle n’a plus à être cachée maintenant. » Une compétition importante donc, qui permet de donner une visibilité à cette communauté homosexuelle trop longtemps ignorée et de lui redonner confiance.

Depuis quelques temps, associations, entreprises et sites internet LGBT apparaissent en Chine. De plus en plus d’événements gays sont organisés à travers le pays, dans la plupart des grandes villes. Shanghai a organisé cette année sa première gay pride (voir Revue de web du 8 juin) et des militants s’engagent aujourd’hui à Pékin pour réclamer l’ouverture du mariage aux couples homos.

LA DISCRÉTION RESTE DE MISE
« Je pense que les gens n’étaient pas prêts avant, » explique au Guardian Ben Zhang. Mais ce type d’actions reste encore relativement discret, et le concours (tout comme c’était le cas de la gay pride) se tiendra et sera retransmis totalement en anglais. Tous les participants viennent de classes supérieures, ont fait des études et ont déjà voyagé à l’étranger, souligne d’ailleurs The Guardian. La gay pride, déjà, était organisée principalement par des expatriés.

Ben Zhang reconnait que la vie est beaucoup plus difficile hors des grandes villes, mais c’est justement ce qui justifie ce concours de beauté: « S’il peut être vu par quelques jeunes garçons dans la campagne du Ningxia, ils se diront peut-être: « ça n’est pas horrible d’être gay et je ne suis pas tout seul ».

Emilio Liu précise, pour sa part, que les pressions sur les homos en Chine sont différentes d’ailleurs, pas meilleures ni pires, mais différentes. La société chinoise est une société très traditionnelle et très fermée, mais il n’y a par exemple pas de condamnations religieuses et les violences homophobes sont rares.

La pression du mariage dans les familles est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux militants en Chine font du mariage pour les homos un but important à atteindre, ainsi qu’une protection légale contre les discriminations. Mais peu de participants à ce concours espèrent connaitre ces changements rapidement.

Aujourd’hui, pourtant, le quotidien officiel China Daily publiait en une la photo du « premier mariage homosexuel du pays ». Un mariage non-officiel évidement, puisque cette union n’est pas reconnue administrativement. Mais peut-être une nouvelle étape tout de même pour la Chine, dans l’évolution des mœurs…

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