L’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ce dimanche, on s’en réjouissait d’avance, jusqu’à ce que les footballeurs togolais soient pris pour cible. L’attaque jette la consternation à la veille du coup d’envoi de la plus grande compétition sportive africaine.

Mitraillage. Un mort, neuf blessés: c’est le bilan de l’attaque du car des joueurs togolais venus disputer la CAN, hier vendredi, alors qu’ils venaient d’entrer en Angola, le pays organisateur. La police qui encadrait le bus a répliqué, les échanges ont duré un quart d’heure. L’attaque a été revendiquée par le Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC). Cette province angolaise pétrolifère, qui se trouve entre la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville, est déchirée par un conflit séparatiste depuis l’indépendance de l’Angola en 1975.

SPORT ET POLITIQUE
Le sport et la politique, c’est une histoire commune. Le souvenir le plus saillant est la prise d’otage de l’équipe d’Israël en 1972 aux Jeux olympiques de Munich par Septembre noir, un groupe palestinien qui réclamait la libération de prisonniers politiques. On pense aussi au parcours de la flamme olympique perturbé par des défenseurs des droits humains avant les Jeux de Pékin, aux vagues de boycott des JO de Montréal, Moscou ou Pékin, à l’appel à ne pas disputer la Coupe du monde de football en Argentine, en 1978, ou encore au bannissement de l’Afrique du Sud des épreuves sportives en raison de sa politique d’apartheid entre les années 1960 et 1992.

Parmi les faits les plus récents: le match de qualification pour la Coupe du monde de football 2010 entre la Turquie et l’Arménie a été l’un des instruments du rapprochement entre les deux pays. On rêve de la même chose en juin lorsque les deux Corée disputeront le Mondial 2010, la Coupe du monde qui se joue pour la première fois sur le continent africain.

LA COMPÉTITION AURA BIEN LIEU
La Confédération africaine de football a annoncé que la compétition aura bien lieu. Un événement attendu par un continent entier et dans le monde entier. Au fil des éditions, la CAN, créée en 1957, a imposé le football africain comme l’un des meilleurs de la planète. L’édition 2010 offre une myriade de vedettes qui font les beaux jours des grands clubs européens, Didier Drogba (Chelsea) pour la Côte d’Ivoire (à gauche sur la photo), Samuel Eto’o (Inter Milan) pour le Cameroun (à droite), les Maliens Mahamadou Diarra (Real Madrid) ou Seydou Keita (FC Barcelone). La Côte d’Ivoire et le Cameroun, respectivement finalistes 2006 et 2008, sont les favoris de cette édition dont l’Égypte est la double tenante du titre. Parmi les 16 pays qualifiés, l’Algérie qui a éliminé l’Égypte au terme de deux matches de barrage très tendus.

FIERTÉ NATIONALE
Football et nations. Car souvent et presque partout, le foot est, pour certains, une question de fierté nationale. Les passions s’exacerbent, la violence fait son apparition, en Afrique comme ailleurs, dans les anciens pays de l’Est, par exemple, mais aussi dans le reste de l’Europe où le hooliganisme vient aussi d’un sentiment national mal placé.

Sport universel, le football est d’abord et aussi un jeu, malgré tout ce qui l’entoure et en découle. Les amateurs qui regarderont cette CAN ne sont pas dupes, croyez-moi.

La compétition? Premier tour jusqu’au 21 janvier. Quarts de finale les 24 et 25, demi-finales le 28, finale le 31. Les matches sont diffusés sur Orange Sport.

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