Le 21 décembre dernier, le conseil d’administration de GayLib, le mouvement LGBT associé à l’UMP, opérait un grand nettoyage en changeant de bureau et en accordant la nouvelle présidence à Emmanuel Blanc, l’un des cofondateurs du mouvement.

« Un nouveau bureau, profondément renouvelé », comme le souligne le site du mouvement associatif qui fêtera prochainement son huitième anniversaire. Mais comment interpréter ce « profond renouvellement », à trois mois des élections régionales? Est-ce la victoire d’un courant sur un autre, des « conservateurs » sur les « progressistes »?

« UN ÉLÉMENT DE DÉCOR POLITIQUE »
Visiblement, parmi ses membres et ses dirigeants, tout le monde n’a pas la même conception de ce que doit être la mission de GayLib. Stéphane Dassé, qui fut président de l’association pendant cinq ans et, jusqu’au changement de bureau, son porte-parole, le dit lui-même à mots à peine couverts sur son blog hébergé par tetu.com, en insistant sur son souhait « que GayLib ne cède jamais à la mauvaise tentation de devenir le club de gays de l’UMP, faire de gentilles animations doublées de quelques soirées avec VIP ». Ambiance. « Depuis la création de GayLib, explique Stéphane Dassé, je sens bien se dessiner deux options. La première, que j’ai toujours défendue, est celle d’un mouvement ambitieux dont la finalité est d’agir pour l’égalité des droits des LGBT et de faire avancer ma famille politique sur ce sujet. La seconde viserait plus à faire de GayLib un élément de décor politique ».

Sophie Lichten, la seule trans’ à faire partie de l’équipe de GayLib, a été évincée du bureau: « Ils ont confié la question trans’ à une personne qui ne l’est pas (Bertrand Cazenave, ndlr) », confie-t-elle à Yagg. Sébastien Chenu, un proche de Xavier Bertrand – qui a réitéré, en novembre dernier, son opposition aux droits à l’adoption et au mariage pour les couples homosexuels (lire article) –, a été coopté au sein du conseil d’administration. Quelques marques évidentes de la nouvelle politique du mouvement.