« Bliss », en anglais, ça veut dire « bonheur », un bonheur absolu. Bliss, c’est aussi le prénom de l’héroïne du premier film éponyme de Drew Barrymore. En VO, c’était Whip It, qui avait un peu plus de corps, mais on comprend qu’en français « Le coup du fouet », ça passe moins bien, et ça fait trop Coup de torchon ou Le coup du parapluie, et tout de suite on s’égare.

Bliss (Ellen Page, toujours aussi délicieusement baby butch) a 17 ans. Sa vie se partage entre le lycée, son boulot au restoroute local The Oink Joint (prononcez-le à voix haute, vous saurez ce qu’on y sert) et les concours de beauté auxquels elle participe pour faire plaisir à sa mère. Jusqu’au jour où elle tombe sur un flyer annonçant une compétition de roller derby.

UN VRAI FILM D’EMPOWERMENT
À première vue, le scénario respire le film de midinettes, mais Drew Barrymore a réussi à placer sa première réalisation quelques degrés au-dessus. C’est un vrai film d’empowerment, un film qui fait glousser de bonheur comme une gosse et se sentir invincible (comme une gosse) quelques instants plus tard. Un peu comme si Drew Barrymore avait réalisé exactement le film dont on avait envie. Une héroïne drôle et pleine d’aplomb, une histoire de premier amour mignonne (avec une très jolie scène de piscine) mais qui ne prend pas toute la place, une histoire d’amitiés tellement plus importante, une vision juste et touchante des rapports mère/fille (le vrai cœur du film), un casting irréprochable – Ellen Page (Bliss Cavendar alias Babe Ruthless, ou Barbie Destroy en VF), mais aussi Marcia Gay Harden et Daniel Stern (Brooke et Earl Cavendar, les parents de Bliss), Kristen Wiig (Maggie Mayhem/Maggie Grabuge), Juliette Lewis (Iron Maven), Jimmy Fallon (Johnny Rocket), Alia Shawkat (Pash, la meilleure amie de Bliss), Eve (Rosa Sparks), Zoë Bell (l’ex-cascadeuse, qui doublait notamment Lucy Lawless dans Xena, joue Bloody Holly), Ari Graynor (Eva Destruction), Andrew Wilson (Razor, le coach), Landon Pigg (Oliver), et Drew Barrymore herself (Smashley Simpson) –, une bataille de nourriture mémorable (« Food fight! » est mon nouveau cri de guerre), une bande-son nickel…