« Ce n’est pas un match de pédés » et autres expressions aussi gracieuses sont entrées dans le vocabulaire du sport comme de la vie en général, sauf que l’homosexualité dans le sport en ce XXIe siècle reste un tabou. Michel Royer s’est posé une question toute simple: mais c’est quoi le problème? Il en résulte un remarquable documentaire que propose Canal+, ce soir, à 20h50, en ouverture de Gay Prime, ex-Nuit Gay (voir bande-annonce, extraits et dates de rediffusion ici).

C’est un instant de télévision époustouflant de rigueur, de précision et sans nul doute d’opiniâtreté. Parce que pour répondre à une question pareille, il en faut du monde et il faut aller le chercher et quand on l’a trouvé, l’écouter. Rares sont ceux qui ont eu le courage de « sortir du vestiaire ».

UN MONDE OÙ LA DIFFÉRENCE EST BANNIE
Michel Royer explique d’abord qu’il est difficile d’être différent dans un monde où la différence reste le plus souvent considérée comme un aveu de faiblesse, où la différence est bannie, où les femmes se sont battues pour avoir leur place dans le sport.

Pendant 90 minutes, le téléspectateur se promène aux côtés de protagonistes LGBT ou pas. On croise Marinette Pichon, l’une des plus grandes joueuses que le football français a connues, les triathlètes, les joueurs du Paris Foot Gay, Olivier Rouyer, ancien attaquant de l’AS Nancy Lorraine et de l’équipe de France et aujourd’hui consultant pour Canal+, Jessica Harrison et Carole Péon, triathlètes de l’équipe de France, racontent leur vie quotidienne.

Les clichés sont passés au crible et le premier d’entre eux: de la virilité pour montrer la force. Serge Simon se souvient avec humour des minutes d’avant-match, quand l’équipe se regroupe… Lilian Thuram est toujours aussi juste quand il compare l’homophobie au racisme. Matthew Mitcham, champion olympique de plongeon juste bouleversant quand il parle d’un monde idéal. On mesure les progrès à réaliser encore en football en prenant connaissance d’une déclaration édifiante de Jean-Pierre Escalettes et à l’inverse en écoutant Yoann Lemaire (voir également page suivante) ou le Paris Foot Gay.