Des champions s’en vont ou reviennent dans le paysage. En 2010 comme en 2009, ils font battre le cœur de Yagg.

Amélie Mauresmo. Ne vous lassez pas encore. Oui, nous avons tant écrit sur cette retraite, elle laisse un grand vide dans le tennis (si vous voulez revoir l’annonce de son départ, cliquez ici). Ce revers à une main, ces matches à fleur de peau, ce palmarès, le plus beau de l’histoire moderne du tennis français: le nom d’Amélie Mauresmo tout en haut du tennis féminin, sa carte de membre à vie du All England Tennis and Croquet Club, à Wimbledon. Parce qu’il y a de fortes chances pour que l’on reparle très vite d’Amélie Mauresmo. Championne, femme courageuse et engagée, elle quitte une vie, elle en retrouve tant. Il y a de fortes chances que l’on continue à vous parler d’elle parce qu’elle aussi l’un des visages de la communauté LGBT. Elle est l’ambassadrice de l’institut Curie, vient de rejoindre l’association Sport for Life et n’a pas caché qu’elle aimait bien la nouvelle équipe de la Fédération française de tennis. Allez, encore une fois. Merci Amélie et à très bientôt.

Nathalie Dechy. L’année 2009 a vu la fin de la grande aventure de la prestigieuse génération 1979 du tennis français avec la retraite de Nathalie Dechy, un autre pilier du tennis français, auréolée de trois titres du grand chelem en double.

Fabien Pelous. Après Raphaël Ibanez, c’est un autre capitaine du XV de France qui s’en va. Une génération s’efface, la nouvelle n’est pas mal non plus. Même pas triste: le XV de France lui, ne vieillit pas, toujours à la recherche de son étoile: un titre de champion du monde. En 2011?

Laure Manaudou. Plus assez de gniaque pour replonger et aligner les kilomètres qui fusèlent un palmarès. Championne olympique et championne du monde du 400 mètres nage libre, notamment, Laure Manaudou laisse une empreinte immense dans son sport. L’athlète qui s’en va à 23 ans laisse malgré tout un goût d’inachevé. Selon de nombreux amateurs, elle aurait pu faire beaucoup mieux s’il n’y avait eu une valse d’entraîneurs, par exemple. Et si on retenait ici une femme allée chercher l’absolu, un titre olympique, un titre mondial, une jeune fille entière attachée à une discipline dans tous les sens du terme, voulant prendre sa liberté? Il faut retenir qu’elle a emmené une natation euphorique dans son sillage, qu’elle a claqué des records avec cette nage tout en coulée, peu de mouvements de jambes. Laure Manaudou est enceinte. En 2004, aux Jeux d’Athènes, elle avait annoncé qu’elle voulait beaucoup d’enfants. Les titres olympiques et mondiaux en poche, elle semble en harmonie avec ses objectifs d’une vie qui est la sienne.

Malia Metella. Une sprinteuse, vice-championne olympique du 50 mètres nage libre à Athènes, Malia Metella aura aussi auréolé l’équipe de France de natation d’une joie communicative. Elle arrête pour poursuivre ses études de journalisme. À très vite, donc.

Hermann Maier. Dans la cabane de départ, bouche ouverte, yeux gourmands, il semblait vouloir engloutir la piste. Et il en a englouti des pistes, ce gars aux faux airs de méchant dans un James Bond. Deux titres olympiques, trois mondiaux, 54 victoires en Coupe du monde avec les histoires qui cousent une légende: une chute dans la descente olympique de Nagano en 1998, une victoire en super-G quelques jours plus tard, puis en géant. Un accident en moto, en 2001, une jambe presque perdue, Hermann est revenu, malgré tout, pour devenir champion du monde et ramasser quelques autres médailles olympiques. Il a bien mérité son surnom d’Herminator.

Paolo Maldini. Un beau gosse des terrains, un immense footballeur, fidèle à un club, le Milan AC, dont le numéro 3 a été retiré des numéros disponibles et ne pourra être porté que par ses fils. Et en plus, lorsqu’il répond à un entretien de La Stampa, en avril, c’est aussi pour dire un truc censé sur l’homosexualité. Pas si évident dans un monde de football quand même assez verrouillé là-dessus. À la question sur le tabou de l’homosexualité, il a répondu qu’elle l’était « surtout dans le football, le plus conservateur de tous. Je crois n’avoir jamais eu de collègues homosexuels puisque je n’ai jamais entendu quelqu’un le dire. Pour moi, naturellement, cela n’aurait rien changé. Discriminer en fonction de la peau, du sexe, de la religion, je trouve que c’est abject ».

Véronique Péqueux-Rolland. L’une des figures de proue de la première vague de la saga du handball féminin avec les Valérie Nicolas ou Isabelle Wendling. Véronique Péqueux Rolland, sacrée meilleure pivot du monde en 2000 et 2004, vice-championne du monde 1999 et championne du monde 2003. Elle peut se retirer tranquille, ses petites sœurs se sont plutôt bien occupées du flambeau avec la médaille d’argent des Mondiaux 2009. Comme on dit en sport, les grandes équipes ne meurent jamais.

Fabrice Santoro. Transition rêvée. Out ou In? On ne sait pas encore. Fabrice Santoro avait annoncé sa retraite à la fin de la saison, mais la rumeur bruisse d’un retour aux Internationaux d’Australie pour peaufiner son record de 69 participations en grand chelem et pour, éventuellement devenir le sel joueur à avoir évolué sur le circuit pro sans arrêter sur quatre décennies (de 1989 à 2010). Fabrice Santoro, c’est un style, les coups frappés à deux mains, un tennis pas comme les autres qui taquine la balle, faisant tourner ses adversaires en bourrique comme Marat Safin, retraité des courts en 2009 dont Santoro fut la bête noire.

Kim Clijsters. C’est le come back de l’année. Deux ans après avoir annoncé sa retraite, la joueuse belge, aujourd’hui mère d’une petite fille est retournée écumer les courts lors de la tournée américaine et a mis tellement de cœur à l’ouvrage qu’elle a remporté les Internationaux des États-Unis. Verre d’eau à moitié plein ou à moitié vide. Kim Clijsters a gagné grâce à sa force mentale, sa joie de jouer et un talent en rien éprouvé par deux ans d’une autre vie. Elle a aussi profité d’une conjoncture favorable, revenue à un moment où le tennis féminin se cherche. Ses anciennes adversaires ont été unanimes à se féliciter de son retour, saluant une grande sportive et une super bonne camarade.

Justine Hénin. Kim Clijsters inspire sa compatriote Justine Hénin. L’ancienne première joueuse mondiale a annoncé son retour. Serena Williams s’en est réjouie, annonçant le grand retour de la rivalité des deux joueuses belges contre les sœurs Williams. C’est dans les vieux pots…

Jonny Wilkinson. Quel bonheur de le voir rejouer de retour d’une nouvelle blessure. 30 ans et la même vista du jeu, le sublime coup de botte qui fait les beaux jours du club de Toulon dans le Top 14. Wilko, c’est l’un des archétypes du rugby d’aujourd’hui, âpre et costaud, mais aussi tout en finesse pour comprendre une trajectoire, l’esquisser d’un coup de poignet de chat, un bon exemple pour comprendre l’expression « faire vivre le ballon ». Même si, là-dessus, Dan Carter reste le meilleur. En 2010, on suivra Jonny avec Toulon mais aussi sans doute avec l’Angleterre pour le Tournoi des Six Nations. Pas de doute, il va encore améliorer son record de points marqués dans une carrière.

Franck Ribéry. Sale année pour l’un de mes chouchous de l’équipe de France. Franck Ribéry a passé 2009 entre interrogations sur son avenir au Bayern, un moral qui semble en berne, une blessure au genou qui n’est pas encore totalement guerie. Le feu follet des bleus devant les buts ou dans ses facéties hors du terrain manque terriblement à une équipe qualifiée pour la Coupe du monde 2010. Accroche-toi Franck.

Rafael Nadal. Après une année comme celle-ci, il ne peut que rebondir, Rafa. En 2009, le bouillant gaucher espagnol a perdu ses titres aux Internationaux d’Australie, à Roland Garros, à Wimbledon et cédé la place de numéro un mondial qu’il avait arrachée, en 2008, à Roger Federer… au même Federer. Les genoux n’ont pas résisté à la marche forcenée. Mais tout va mieux: Rafael Nadal a gagné la Coupe Davis avec ses copains, en décembre. Et en plus, il a fait preuve d’un bel à propos à New York en septembre quand un fan a voulu l’embrasser. Tout va mieux, on vous dit.

Meilleurs vœux, auguri, best wishes, gelukkig nieuwjaar, feliz ano nuevo à tous.