Et encore un joli post de Noël, que nous devons cette fois au yaggeur Matthias, qui, lui, a une certaine tendresse pour Noël. Une tendresse contagieuse. (Les intertitres sont de la rédaction).

Vous reprendrez bien un peu d’esprit de Noël!, par Matthias
Allez, fi des rabats-joie et des bougons, l’esprit de Noël ça se trouve par pack de six chez Carrefour et consorts, c’est pas pour rien!

C’est pour les gens pressés.

Même sans effort!

C’est un service public.

Alors on dit merci et on se presse au rayon bûche glacée.

Ce que j’aime quand je me pointe chez ma maman (comme tous les pd, j’adore ma Maman, je vais passer les fêtes chez elle et je moufte pas!), ce que j’aime quand je me pointe chez ma mère, donc, c’est que tout reste à faire… (ça tombe bien, pasque vu la campagne, fallait pas compter sur les soirées en boite!)

MISSION IMPOSSIBLE?
Aussi loin que je me souvienne ma mère a jamais été du genre à se pointer le premier décembre avec le sapin à décorer et le calendrier de l’avent. Elle bossait tard le soir et oubliait parfois de payer l’électricité (ce qui donnait au salon, éclairé à la bougie et chauffé à la cheminée un air retro, kiffant).

Mais, malgré ces petites contraintes, elle avait des standards (qu’elle tient toujours sans faiblir). Entre autres: pas de sapin en plastique (c’eut été trop facile: je serais descendu tranquillement chercher le sapin dans la cave une fois l’an avec mon p’tit frère et on l’aurait monté tranquille sans rien demander à personne: surprise!).

Mais là, il fallait attendre qu’elle puisse nous conduire en quête de l’arbre… Affreux âge de la dépendance (que celui qui à déjà transporté un sapin sur un VTT me jette la première pierre!).

Souvent, il fallait attendre jusqu’au dernier week-end avant la fête pour que sous la pression et sur le coup des vingt heures, elle nous rush chez Jardiland… Je sais pas si vous vous êtes déjà pointé un 20 décembre à Jardiland pour un sapin. Autant vous dire que les rois des forêts ce sont déjà fait la malle depuis longtemps! Ils vous restent ceux qui ont grandi dans les plaines hostiles de Somalie orientale, ceux que les chèvres escaladent pour les grailler jusqu’au sommet.

Il s’agissait donc de débusquer la perle, celui qui avait encore assez d’aiguilles pour donner le change, dont une branche ne disait pas merde à l’autre et avec, si possible, un faîte qui tire droit… histoire que l’étoile se casse pas la gueule. Bon et puis s’agissait de rester dans le budget… Mission: impossible.

Nan!

Rien d’impossible à Noël!

Avec beaucoup de doigté au moment de le charger dans le coffre de la vieille AX, histoire de pas le déplumer un peu plus. Nous étions en route.

Et puis on allait chercher le carton de décos au grenier, on foutait un bordel sans nom dans le salon. Aidés copieusement par les chats qui se barraient avec les guirlandes et grimpaient le long du tronc pour aller jouer avec les boules.

Comme j’ai toujours été un tyran, je mettais tout mon art à imposer la couleur dominante de l’année et le style. Ma mère se mettait aux fourneaux, histoire de nourrir sa troupe de joyeux décorateurs qui, si on ne les arrêtait pas, enguirlandait jusqu’aux haies du jardin… Valérie Damidot Powa avant l’heure!

Avant que nous ne mettions la touche finale, elle nous rejoignait avec des brownies et le sourire. Carte postale. Esprit de Noël. Notre sapin avait toujours de la gueule!

ET AUJOURD’HUI?
Ce que j’aime, c’est que presque rien n’a changé.

Bon, avec un peu d’organisation, ma mère n’est plus sur la liste noire d’EDF.

Mais je pourrais me pointer le 24 au matin, le sapin serait toujours pas là.

On prendrait alors une caisse avec un frérot (privilège de l’âge) et on irait chez Jardiland. Devant le rack d’arbres post-traité-raté-de-copenhague, on hésite un peu: grands princes, on laisse celui-ci, qui est pas mal, au papa à la bourre; on en trouve un honnête. On rentre à la maison, on va chercher la caisse de décos au grenier. Les chats sont cannés depuis longtemps, mais le reste du rituel est à peu près le même: démêler la fichue guirlande électrique qui marche jamais, remplumer l’arbre avec les guirlandes les plus touffues, tenter de faire pointer les branches dans le bon sens en chargeant de boules.

À la fin, notre sapin, il a grave de la gueule! Ma mère rentre du boulot, tout sourire, elle fait des brownies: presque rien n’a changé, esprit de Noël!

Hey les Yaggeuses et les Yaggeurs: Joyeux Noël, vous méritez 😉

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