Fidèle de la communauté, le yaggeur YepMe a vu Avatar, le film-événement de James Cameron, et livre ses impressions à chaud. Voici son post ci-dessous (et ici). Les intertitres sont de la rédaction.

« Avatar, donc », par YepMe

Alors si on résume…

– Une B.O. déplorable. Tiens, les deux premiers accords du thème principal sont exactement ceux de la scie de Céline Dion pour Titanic.
– Un imaginaire visuel d’informaticien découvrant Photoshop. « Trop bath, les fleurs fluo et la forêt en néons! Et t’as vu ma bestiole, je lui ai mis quatre z’yeux. Oué trop délire, je lui rajoute des pattes! »
– Un scénario affligeant qui rend le film plus que longuet dès lors que la baston commence. Au passage, est-ce tellement réjouissant de voir toutes ces pauvres bêtes en bleu conduites à la boucherie et en guise d’ultime recours tomber comme des mouches la fleur au fusil?
– Et puis un constat: en 2009, on sait réaliser des mouvements d’appareil invraisemblables au cœur d’un décor en 3D mais on n’arrive toujours pas à animer un bipède de façon réaliste sans lui donner l’air de se muer mollement dans l’éther avec des jambes en coton.

DU CINÉMA FORAIN
Alors oui Avatar, comme 2012 ou d’autres, a des qualités de roller coaster. Du cinéma forain si l’on veut, à quoi se résument désormais pas mal de superproductions-événements.

Mais au fond, le plus intéressant est peut-être à chercher dans la gangue ushuaïo-new age et vaguement holiste qui sert d’univers aux habitants de la planète Pandora, et de pensée au film de Cameron. Ce réseau de lianes et de branches connectées par milliards comme les synapses dans notre cerveau. Ou cette natte des Na’Vis qui se termine en appendice filandreux et leur permet de se relier aux animaux qu’ils chevauchent ou à l’arbre mythologique de leurs ancêtres et de leur dieu.

MISE EN ABYME
Soit d’un côté, la mise en abyme du cinéma 3D comme pure excursion dans l’imaginaire des spectateurs, au cœur même des circuits neuronaux qui le composent. C’est-à-dire une vision biologisante et réductionniste qui explique l’émerveillement mécanique qui surgit malgré tout par endroits. Et de l’autre, le versant intuitif sensuel et sexuel de notre rapport au monde et aux êtres qui le peuplent. À la question: l’avatar Jake Sully est-il baisable et a-t-on envie de se plugger à la terre entière?, la réponse est oui.

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