Emmanuelle Cosse, ancienne présidente d’Act Up-Paris (de 1999 à 2001) et actuelle rédactrice en chef du mensuel Regards, figure sur la liste d’Europe Écologie en Ile-de-France pour les élections régionales de 2010 (lire article précédent). « En deuxième position, donc éligible, à Paris, face notamment à Jean-Luc Romero pour le PS », comme elle le confie à Yagg. La militante nous en dit plus sur ce nouvel engagement et sur le rôle majeur que doit encore plus jouer la région, notamment en faveur des personnes LGBT.

Pourquoi avoir choisi de rallier Europe Écologie et pas une autre formation politique pour ces régionales?
J’ai une histoire commune avec les Verts. C’est l’un des rares partis avec qui j’ai travaillé quand j’étais à Act Up. Ils nous ont beaucoup soutenu-e-s dans les années 90, notamment en ce qui concerne la bataille pour les médicaments génériques. On était aussi très proches de Noël Mamère au moment du mariage de Bègles. Quand le NPA et le Parti de gauche se sont créés, tout le monde disait que c’était là où allait se passer la recomposition d’une partie de la gauche radicale. Mais au même moment, il y a eu le pari d’Europe Ecologie avec le fait de réunir Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Eva Joly. Et tout d’un coup, j’ai trouvé un lieu qui correspondait à mes idées et à ma manière de penser la politique. Ce n’est pas un parti unique avec un programme qu’on vous impose et que vous devez défendre. On est plus dans une sorte de réseau avec des volontés politiques qui sont en train de s’agréger et une volonté commune qui est de renverser l’hégémonie du PS, notamment.

Caroline Mecary, qui a également rejoint Europe Écologie pour les régionales, nous confiait récemment: « En tant qu’avocate, je défends des individus et des personnes, mais ça a ses limites. Ça n’a pas plus d’effet que la résolution du cas particulier que je défends. Et moi j’ai envie de peser un peu plus ». Ressentez-vous la même chose?
Ça ne m’est pas étranger. Cela fait longtemps que je réfléchis à l’action politique, à être présente dans les élections, etc. Avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir et la politique qui est menée depuis deux ans et demi, je me dis qu’il faut arrêter les tergiversations. Je n’en peux plus des incantations de la gauche radicale qui passe son temps à dire qu’il faut être unis. La réalité, c’est qu’on est face à une droite qui est extrêmement dure et qui impose ses réformes au mépris de la société. On ne voit pas une opposition combative, PS en tête, on a plutôt l’impression qu’elle est perdue. Après plus de 15 ans passés dans les mouvements sociaux, il y a un moment où l’on s’interroge: « À quoi on sert? ». Comment faire pour que ces mouvements ne soient pas vains? Le discours sur les luttes, c’est bien, mais ça ne suffit pas.