Clotilde Genon, de Sida Info Service, a répondu aux questions des internautes de Yagg sur la santé lesbienne, le 22 décembre, de 19h à 20h. Voici la retranscription du chat.

Le modérateur: L’équipe de Yagg est ravie d’accueillir Clotilde Genon, de Sida Info Service, pour ce premier chat consacré à la santé lesbienne.
Clotilde Genon: Bonsoir à toutes et à tous. Je remercie Yagg de m’avoir invitée ce soir et d’avoir organisé ce chat sur la santé lesbienne. N’hésitez pas à poser vos questions et j’essaierai d’y répondre au mieux.

Le modérateur: Nous allons prendre une première question.

François: Pourquoi les pouvoirs publics sont-ils si frileux à communiquer auprès des lesbiennes en ce qui concerne la santé?
Clotilde Genon: Plusieurs éléments de réponse. En terme de santé, les pouvoirs publics se sont beaucoup penchés sur la question du VIH, notamment en direction des gays. Les lesbiennes étant peu concernées, elles n’ont pas été incluses dans cette démarche et cet intérêt. L’un des autres aspects est la taille de la population. Quand on parle de santé publique, les politiques s’intéressent plus facilement à des populations nombreuses ou qui présentent un problème de santé publique qu’ils jugent important. On peut dire que beaucoup d’actions ont été menées en direction des femmes en général sur certains problèmes de santé et on pouvait penser que cela incluait les lesbiennes. Or tous ces dispositifs ne répondent pas forcément aux besoins des lesbiennes.

Spook33: Bonjour. J’ai adoré le film Je vais chez le gynéco (de Tatiana Potard, qui fait partie de notre campagne de prévention Sexe, prévention et vidéos, ndlr). En plus de m’avoir faite rire, il m’a appris des trucs. Pourquoi la prévention se fait-elle toujours avec des images qui font peur et pas des films marrants comme celui-là ?
Clotilde Genon: Les spots de prévention ne sont pas toujours rigolos mais ne me semblent pas pour autant toujours effrayants. Souvent, dans la prévention, on parle de la maladie ou des Infections sexuellement transmissibles (IST) et on ne parle pas suffisamment de sexualité, de plaisir et de ce qu’implique la prévention dans sa relation à l’autre.

M.: Quels sont les principaux risques pour les lesbiennes? Les précautions à prendre?
Clotilde Genon: Pour ce qui concerne le VIH, il y a peu de risque de transmission entre femmes. Il vaut mieux éviter les rapports sexuels pendant les règles et avoir des pratiques de pénétration safe: ongles courts et limés, utilisation de préservatif sur les objets sexuels. N’oublions pas que certaines lesbiennes ont des rapports sexuels avec des hommes, et que dans ces cas-là, les règles de prévention s’appliquent. Pour les autres IST (HPV, chlamydiae, herpès notamment), les risques de transmission entre femmes existent. Pour les rapports bouche-sexe (cunnilingus, anulingus), il est possible d’utiliser les digues dentaires. Elles existent en polyuréthane (dig dam dom, de chez Terpan) ou en latex et peuvent s’acheter principalement sur internet. Vous pouvez aussi faire un atelier, « Je fabrique ma digue », avec un préservatif masculin ou du film alimentaire. Pour se prémunir de l’hépatite B, rien de tel que la vaccination.