Une grande première en Amérique latine! Mexico a ouvert hier le mariage aux couples homosexuels, rapporte une dépêche de l’AFP. La ville avait déjà fait un premier pas, en autorisant en novembre 2006 l’union civile homosexuelle (sorte de Pacs).

Les députés de l’Assemblée du District fédéral mexicain, autrement dit de la capitale mexicaine, ont modifié hier l’article du code civil local qui spécifiait jusqu’à présent que « le mariage est l’union librement consentie entre un homme et une femme ». Le mariage pour les couples de même sexe a été approuvé « par 39 voix en faveur de la proposition, 20 contre et 5 abstentions », a confirmé Oscar Oliver, porte-parole du député de gauche Davi Razu, principal promoteur du projet.

Les débats ont été vifs entre la gauche, majoritaire dans la capitale mais minoritaire au niveau national, et l’opposition locale de droite. Pendant ce temps, « une centaine de partisans manifestaient paisiblement devant l’Assemblée où plusieurs couples homos échangeaient des baisers », ont constaté les photographes de l’AFP.

« …UN PROGRÈS SOCIAL ET CULTUREL… »

« Pendant des siècles, des lois injustes ont interdit les mariages entre blancs et noirs ou indiens et européens, on a interdit l’amour étranger (…) aujourd’hui ces barrières ont disparu… », s’est réjoui le député Victor Romo, du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche) du maire de la capitale, Marcelo Ebrard.

« Il faut fêter cela. C’est un progrès social et culturel », a déclaré à l’AFP Antonio Medina, coordinateur de l’Agence mexicaine Notiese, spécialisée dans l’information sur les droits des homosexuels. « Nous espérons que les conservateurs ne vont pas tenter d’annuler le vote devant la Cour suprême », a-t-il ajouté.

Une controverse a ensuite surgi à propos de l’adoption par des couples homosexuels, dont l’interdiction initialement mentionnée dans le texte a été retirée par la majorité de gauche de l’Assemblée. L’opposition conservatrice a annoncé qu’elle introduirait un recours.

La ville de Mexico, qui a dépénalisé l’avortement en avril 2007, s’affirme ainsi à nouveau à la pointe des réformes, dans un pays très catholique et où l’Église s’oppose fortement à ces initiatives.

Une vague conservatrice s’élève d’ailleurs actuellement dans le pays contre l’avortement, autorisé à Mexico alors qu’il est désormais passible de prison, jusqu’à 50 ans, dans la moitié du pays. Dans le reste du Mexique, l’avortement n’est possible qu’en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la santé de la mère.

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