• La Musicale, à 20h50, sur Canal+ (rediffusion à 22h15 sur Canal+ Décalé). Le rendez-vous live présenté par Emma de Caunes propose une spéciale filles avec des invitées de choix. Jugez plutôt: Alicia Keys, Émilie Simon, Ebony Bones, Imany ou encore Noisettes. Voici un live de Noisettes, justement, chez Ellen DeGeneres en septembre dernier:

httpv://www.youtube.com/watch?v=BN3M28CIFE0
Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez ici.

  • Mutantes (Féminisme Porno Punk), de Virginie Despentes, à 22h30, en clair, sur PinkTV. Pendant un peu plus d’une heure, Virginie Despentes explore le féminisme prosexe, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on sort sacrément secoué de ce documentaire. La réalisatrice, qui signe ici « un complément audiovisuel » de son livre King Kong Théorie, est allée à la rencontre, aux États-Unis, en France et en Espagne, d’activistes qui, à partir des années 80, se sont inscrites en réaction au féminisme traditionnel abolitionniste. Pour ces artistes, théoriciennes ou encore travailleuses du sexe, il convient de se réapproprier le corps, de repenser la sexualité et ses pratiques, en évacuant l’a priori que la pornographie et le prostitution seraient forcément les instruments d’une victimisation des femmes. Comme l’estiment la réalisatrice X Candida Royalle et d’autres intervenantes, il n’y a rien de plus féministe que de changer la pornographie pour offrir des représentations de la sexualité des femmes autrement que du point de vue des hommes, plutôt que de priver les femmes de cette liberté-là. En clair, prenons le pouvoir et assumons nos désirs, parfois même dans leurs zones les plus sombres, plutôt que de perpétuer l’idée que « la diginité des femmes dépend toujours de leur sagesse et de leur passivité », comme l’explique bien le résumé du film. Au total, une vingtaine d’entretiens passionnants (Lydia Lunch, Linda Williams, Annie Sprinkle, Beatriz Preciado, Catherine Breillat…), des extraits de films et de performances, qui nous font passer de la prostitution au queer et du postporno au punk, parfois un peu rapidement. Mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce documentaire foisonnant qui se nourrit à l’idée qu’il faut sans cesse repousser les limites, décloisonner les genres, briser les idées reçues. Changer notre façon de voir, donc. C’est pour cela qu’on en sort un peu chamboulé. Et c’est tant mieux. On imagine alors une perf SM avec Éric Zemmour ligoté et obligé de regarder le docu. Trop bien.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter.