Des corps qui se laissent tomber à terre, des larmes, de solides embrassades. En sport, les scènes de liesse sont souvent assez belles, en tout cas puissantes. Celles de l’équipe de France de handball, vendredi dernier en début d’après-midi, n’échappent pas à cette règle: d’un coup, des athlètes tendues vers une performance, se laissent aller à la liesse, au soulagement. Les handballeuses françaises sont en finale des championnats du monde, en Chine. Et le plus incroyable, c’est que malgré Johnny, Copenhague, le RER A, le tirage au sort de la Ligue des champions, le penalty raté de Yoann Gourcuff mercredi contre Montpellier, on en a – un peu – parlé dans les médias.

UNE BELLE HISTOIRE
Parce que les handballeuses françaises et tout le handball français avec elles, racontent une belle histoire. L’histoire d’un sport qui veut marcher sur ses deux jambes comme l’avait si joliment expliqué, en 1999, le président de la fédération, alors André Amiel. Vous vous souvenez peut-être: la joyeuse équipe avait vécu une belle aventure en se hissant en finale du Mondial en Norvège où elle avait poussé le pays hôte jusqu’à la prolongation avant de céder.

La fédération, forte d’une équipe de France masculine médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone et championne du monde 1995, avait décidé de donner encore plus de moyens au hand féminin qui jouit d’un solide championnat de France.

Les joueuses ont pu disposer de plus d’heures d’entraînement, des horaires aménagés pour les étudiantes, des contrats avec des entreprises pour celles entrées dans la vie active. Du temps pour s’entraîner. Tout simple, mais il fallait y penser.

Après, l’équipe a forgé son destin. De la finale de 1999 au titre mondial en 2003, la France a vu passer Isabelle Wendling, Véronique Péqueux-Rolland, Valérie Nicolas ou encore Raphaëlle Tervel, aujourd’hui capitaine et seule championne du monde en exercice en Chine. La fédération s’est battue pour avoir le Mondial 2007 aussi. Et l’on sait combien l’organisation de grands événements booste les vocations.