Le chanteur homophobe jamaïcain Buju Banton, de son vrai nom Mark Anthony Murie, a été arrêté en Floride pour un lien supposé dans un trafic de drogue. La star de reggae et de dancehall est en détention à Miami depuis jeudi dernier, accusée d’avoir acheté de 5 kilos de cocaïne dans le but de la revendre. Buju Banton nie son implication dans cette affaire, mais la police américaine affirme de son coté détenir des vidéos du chanteur et de quelques autres hommes discutant de cette vente, selon le quotidien jamaïcain The Gleaner.

Le chanteur avait particulièrement fait parler de lui ces dernières années pour ses propos homophobes. Notamment dans une chanson intitulée Boom Bye Bye, dans laquelle les paroles, très explicites, incitaient au meurtre d’homosexuels: « …Boom, goodbye, goodbye, Inna batty bwoy head, Rude bwoy no promote no nasty man, Dem haffi dead… »(« …Boom, au revoir, au revoir, dans la tête du garçon homo, les gros durs n’aiment pas les mecs pas bien, ils doivent mourir… »).

Cette chanson a été écrite il y a plus de 20 ans, mais elle est au cœur de la polémique qui oppose le chanteur à la communauté LGBT internationale depuis des années. En 2006, Buju Banton est acquitté, de façon quelque peu troublante, dans une affaire de violences contre des gays en Jamaïque remontant à 2004. En 2007, il signe le Reggae Compassionate Act, par lequel il s’engage à des paroles de chansons plus pacifistes, avant de clamer haut et fort qu’il ne l’a pas signé. Il continue régulièrement à chanter Boom Bye Bye dans ses concerts. Et il a, enfin, rencontré des homos cette année pour discuter et apaiser les tensions (lire Revue de web du 13 octobre) avant de réitérer des propos homophobes en déclarant « there is no end to the war between me and the faggot » (« il n’y a pas de fin à cette guerre entre moi et les pédés ») (lire Revue de web du 19 octobre).

L’association jamaïcaine J-Flag (Jamaica Forum for Lesbians, All-sexuals and Gays), s’inquiète du traitement de cette affaire de trafic de drogue par les médias locaux, qui ont tendance à recentrer systématiquement les débats sur le conflit qui oppose Buju Banton aux associations LGBT. L’association tient tout de même à rappeler le principe de présomption d’innocence: « nous soutenons le droit de Banton à être défendu et croyons qu’il est innocent jusqu’à ce que  soit faite la preuve de sa culpabilité ».

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