Mais où étaient donc passés, samedi 12 décembre, les 450 volontaires qui avaient répondu présent à l’appel lancé sur la page Facebook du kiss-in contre l’homophobie de Montréal? Avec au final une quarantaine de participant-e-s, certes motivé-e-s, la première action du genre au Québec a quelque peu déçu.

Le lieu de rassemblement était pourtant stratégique avec le choix de la station de métro Berri-UQAM, la plus achalandée de la ville et à quelques minutes du Village gay de Montréal. À 15h, David, l’organisateur, se disait confiant: « J’ai eu beaucoup d’encouragement sur Facebook pour le kiss-in, pas mal de femmes et d’hétéros notamment ont répondu positivement”. Pour cette première, seule Montréal s’était mobilisée. “Mis à part l’Australie ou le Pérou, cela reste une action très européenne et francophone, c’est sans doute la raison pour laquelle le reste du Canada n’a pas encore participé », explique David.

« LE MESSAGE DOIT VOYAGER »

Une heure plus tard, au coup de sifflet, les duos (voire trios!) se sont formés pour un happening aussi glam’ que revendicateur. Peu de participants donc, mais des « kisseurs » très motivés. Marie-Pierre et Gabrielle, 16 ans, étaient parmi les premières sur place. « Les gens qui ne nous considèrent pas comme des gens normaux méritent de nous voir un peu », affirment-elles. Au fond, nous ne comprenons pas les homophobes, car l’homosexualité, c’est de l’amour en général. Nous voulons que les gens comprennent qu’on a aussi notre place!”. Pour Claire, 23 ans, le kiss-in « c’est pas grand-chose de notre temps, juste cinq minutes. Tout le monde est invité, le message doit voyager. C’est un grain de sable mais un grain de sable en plus! Je suis arrivée il y a peu au Québec et je remarque déjà une plus grande ouverture au niveau des droits LGBT ici qu’en France ».