Après s’être fait remarquer sur scène comme batteuse, aux côtés de Théo Hakola, Bertrand Belin et Emilie Loizeau, entre autres, Tatiana Mladenovitch se lance dans un projet solo sous le nom de Fiodor Dream Dog, et sort son premier album, I Lose Things.

Maîtresse de la débrouille, elle écrit, chante et joue de tous les instruments, de la batterie à la guitare, en passant par la basse et le trombone. Et, pour ne rien gâcher à notre plaisir, elle aime les femmes…

Depuis quand fais-tu de la musique? J’ai commencé à 20 ans, en autodidacte. Puis, de fil en aiguille, j’ai rencontré des gens. Je suis devenue intermittente en accompagnant une compagnie de danse à la batterie pendant plusieurs années. Cela fait 8 ans que je vis de la musique maintenant.

Quelles sont tes influences musicales? En ce moment, je suis dans ma phase Bartok. J’écoute aussi Robert Wyatt, Eliott Smith, Nine Inch Nail, Radiohead…

Pourquoi as-tu choisi d’être le seul maître à bord de Fiodor Dream Dog? Je suis entourée de musiciens incroyables mais je n’avais pas de quoi les payer et je ne me voyais pas me plonger dans la paperasse pour dénicher des subventions.

Comment s’est passé l’enregistrement? Je me suis installée dans le soubassement d’une maison avec des micros assez basiques, un ordinateur et le logiciel Cubase. Une amie m’a donné un coup de main pour gérer la partie informatique.

Comment t’y es-tu prise pour faire découvrir ton album? Je n’ai pas de label donc je me suis inscrite sur Zimbalam qui s’est chargé de le mettre en vente sur les sites de téléchargement. J’ai réalisé 150 CD pour la presse. J’ai reçu pas mal de réponses de magazines comme Les Inrocks, Glamour, Elle… Cela m’a beaucoup touchée.

De quoi parlent tes textes? Ils sont assez urbains. J’ai grandi à Paris et ils évoquent la ville dans un environnement bruyant, où la pluie est plus présente que le soleil.

Pourquoi chantes-tu uniquement en anglais? Par pudeur. Je suis admirative lorsque j’écoute des gens comme JP Nataf, Katel et Dominique A, mais pour l’instant je ne me sens pas à l’aise avec ça. Et l’anglais a une musicalité évidente.

Est-il difficile de s’assumer en tant que lesbienne dans le milieu de la musique? En ce qui me concerne, cela n’a jamais été un problème, même s’il m’est arrivé d’entendre des remarques déplacées. Je sais m’entourer de gens qui n’accordent pas beaucoup d’importance à cela.

Revendiques-tu le fait d’être lesbienne? Je ne m’en cache pas. D’ailleurs je pense que les personnes qui cherchent à le dissimuler sont aussi actrices d’une certaine homophobie. Néanmoins, si je devais militer, je préfèrerais que ce soit pour une cause comme l’adoption plutôt que pour ma sexualité.

Quel est ton regard sur la place accordée aux homosexuels dans la société d’aujourd’hui? Les mentalités évoluent mais parfois je ne sais pas dans quel sens… Par exemple, je ne comprends pas qu’on puisse laisser la parole à des gens comme Christian Vanneste. S’il tenait des propos similaires sur les juifs, il serait en taule. Et le pire, c’est que ça fait de l’audience.

Cover Fiodor Dream DogPropos recueillis par Emilie Gouband

Photo Valérie Archeno

I Lose Things, de Fiodor Dream Dog

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