S’il a sorti son premier album sous label en mai dernier, Sexy Sushi – le duo nantais électroclash déjanté – sévit depuis plusieurs années sur les scènes underground françaises. Et autant dire que les textes trashy de la chanteuse Rebecca Warrior ne sont pas du genre à passer inaperçus. On se souvient notamment du sulfureux titre Sex Appeal (« Le sex-appeal de la policière me fait mouiller devant derrière »), devenu un hymne à lui tout seul dans le milieu lesbien. Les beats du synthé de Mitch Silver, également créateur du collectif électro Valérie, achèvent de convaincre les plus sceptiques. Le concert de ce samedi 12 décembre, à L’Alhambra, à Paris (suivi d’un after à la Java) s’annonce explosif. Rencontre du troisième type…

Comment vous êtes-vous rencontrés?

Mitch Silver: Par hasard derrière une porte.

Rebecca Warrior: Mitch cambriolait mon domicile en pleine nuit quand je l’ai surpris. J’ai tiré un gros coup de fusil à pompe, il a lâché sa barre à mine de trouille et on a bu un café!


Où puisez-vous votre inspiration?


MS: Dans un puits plein d’eau avec une grosse poulie et une bonne cordelette.

RW: Moi je m’inspire et je m’expire sans puiser nulle part.

À quel public vous adressez-vous?

MS: Aux grands corps malades.

RW: Aux gens de la patinoire de Saint-Herblain. Essentiellement.

Reconnaissez-le, vous ne faites pas toujours dans la dentelle au niveau de vos textes…

MS: Vous voulez dire qu’on fait dans le gros tricot de porc?

Y a-t-il une revendication sexuelle et citoyenne derrière ce délire?

MS: Absolument, la musique est un combat et une lutte sans merci contre tout ce qui tombe du ciel.

Avez-vous une idée précise de ce que vous allez faire avant de monter sur scène?

RW: Oui, j’écris tout dans un gros carnet. Tout est chorégraphié pas à pas, même quand je tombe. Ainsi, il n’y a pas de mauvaise surprise.

La roue de la fortune sera-t-elle au rendez-vous le 12 décembre à L’Alhambra?

RW:
Bien sûr. La règle du jeu consiste à la tourner, à tomber sur une chanson et à jouer le morceau, parfois plusieurs fois d’affilée d’ailleurs. Samedi, nous allons vendre la roue plaquette par plaquette, sous contrôle d’huissier. Je vais vous détailler les plaquettes, j’ai la liste sous les yeux justement: « Banqueroute », « De la merde », « Bling bling bling + 1 kg de pâtes », « Rachida à genoux », « Tiens, je ne sais plus », « L’idole des connes en faisant un ping-pong », « Plancher de danse », « Estafette », « Pétasse ou PD au choix », « rappel ».