Un procès pour crime et violences homophobe s’ouvre aujourd’hui à Douai, devant la cour d’assises du Nord.

Il y a près de deux ans, le 20 janvier 2008, deux joggeurs faisait la macabre découverte d’un cadavre dans un jardin public du centre ville de Cambrai, connu pour être un lieu de rencontres homosexuelles. Le corps était celui d’un « sexagénaire, le visage tuméfié et ensanglanté et uniquement vêtu d’un tee-shirt et de chaussettes » raconte un communiqué de presse du Collectif contre l’homophobie . La victime est décédée en raison de la violence des coups infligés.

« La police avait immédiatement rapproché ces faits d’autres violences survenues dans ce jardin public » précise le communiqué. En effet la veille, une double agression avait déjà été commise contre deux homosexuels par deux jeunes individus, qui leur avait demandé « s’ils étaient pédés » avant de les agresser. L’une de ces deux victimes avait dû être transportée d’urgence à l’hôpital.

« CHASSE AUX PÉDÉS »

« Très rapidement, la police allait identifier et interpeller les auteurs des faits, deux jeunes hommes de 18 et 26 ans, domiciliés au Centre d’hébergement et de réinsertion sociale », poursuit le communiqué de presse. Par la suite, les deux victimes de l’agression commise le 19 janvier en fin de journée reconnaissaient formellement sur une planche photographique l’un de leurs agresseurs. Pendant la garde à vue, les agresseurs Cédric et Kévin reconnaissaient leur participation aux agressions commises le 19 janvier. Malgré les divers témoignages indiquant qu’ils s’étaient vantés au sein du foyer d’effectuer « une chasse aux pédés », les deux mis en cause ont toujours nié la motivation homophobe de leurs actes ».

Le procès qui s’ouvre aujourd’hui se tiendra jusqu’à jeudi et la cour d’assises du Nord examinera ces trois agressions commises en deux jours. Kévin et Cédric sont poursuivis pour « violences volontaires, vols en réunions, extorsion, et violences volontaires ayant entrainé la mort, en raison de l’orientation sexuelle des victimes ».

Le Collectif contre l’homophobie s’était constitué partie civile lors de l’instruction, et en fera de même à l’audience. Il sera représenté par Maître Jean-Bernard Geoffroy, avocat au barreau de Béthune et président du RAVAD (Réseau d’assistance aux victimes d’agressions et de discriminations). Plusieurs autres associations de lutte contre l’homophobie assisteront également aux débats (selon la voix du nord.fr).

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