L’information est arrivée par une dépêche AFP: Marcel R., l’un des deux homosexuels grièvement brûlés par un liquide corrosif lors d’une agression à leur domicile dans la nuit du 9 au 10 septembre, à Melun, vient d’être mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Marcel R. que nous avions interviewé quelques jours après l’agression (lire notre article et voir la vidéo), aurait reconnu au cours de sa garde à vue être « l’instigateur des faits ». Il a été mis en examen pour « actes de torture et de barbarie par conjoint et avec préméditation », « séquestration et violences volontaires avec une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours, avec arme et en réunion », explique une source judiciaire, citée par l’AFP.

Pourtant Marcel R. avait déclaré, juste après les faits, que le couple avait été agressé et aspergé de déboucheur liquide par deux inconnus. Alexandre, son compagnon, plus grièvement blessé, avait été hospitalisé au service des grands brûlés de l’hôpital Saint-Antoine de Paris.

Marcel R. a été placé sous contrôle judiciaire mais « le parquet, qui avait requis un mandat de dépôt [ndlr: une mise en détention], a fait appel de cette décision », précise l’AFP.

« DES MÉTHODES INQUALIFIABLES », SELON L’AVOCATE DE MARCEL R.
Caroline Mecary, l’avocate de Marcel R., se dit, pour sa part, « révoltée par ces méthodes inqualifiables » et accuse le procureur de la République de vouloir mettre « une pression médiatique sur la chambre d’instruction ».

Déjà, quelques jours après les faits, sans attendre les conclusions de l’enquête préliminaire, le procureur Serge Dintroz avait fait des accusations surprenantes à l’encontre de Marcel R., qualifiant l’agression « d’histoire de séparation amoureuse qui a mal tournée » et remettant ainsi en cause la version des victimes (lire notre article).

« Le procureur fait ce genre de déclarations médiatiques parce qu’il n’est pas content que mon client soit sous contrôle judiciaire et non pas en détention, s’indigne l’avocate de Marcel R. C’est d’ailleurs pour cela que le parquet fait appel. Il s’agit là de l’illustration d’une nouvelle pratique des parquets, qui, quand ils ne sont pas content d’une décision, utilisent la pression médiatique. Le parquetier a laissé filtrer ces informations dès hier soir, avant même de m’en tenir informée. »

Caroline Mecary rappelle que « Marcel est présumé innocent tant qu’il n’a pas été jugé. Les déclarations qu’il a faites concernant son implication, il les a faites après 48 heures de garde à vue et une grosse pression de la part des policiers. Il a respecté son contrôle judiciaire et a répondu à la convocation des policiers. Mais le procureur veut tout simplement mettre une pression sur la chambre d’instruction pour que Marcel aille en détention. Pourtant, si le juge des libertés et de la détention a estimé que Marcel devait être sous contrôle judiciaire, c’est qu’il estime qu’il n’y a pas lieu à détention. Nous allons donc plaider pour son maintien sous contrôle judiciaire », a ajouté l’avocate.

Affaire à suivre…

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