Dans la nuit du 4 au 5 août 2007, Étienne (le prénom a été changé) s’est fait rouer de coups sur un lieu de rencontre gay de la ville d’Orléans par une dizaine de jeunes gens. Grâce à la présence d’esprit d’un témoin qui avait relevé les numéros de plaque de la voiture des agresseurs, ceux-ci avaient été retrouvés. Trois d’entre eux avaient été inculpés, dont un était mineur au moment des faits.

L’association GAGL45 (Groupe action gay et lesbien Loiret), qui a soutenu le jeune homme et s’était portée partie civile, nous informe aujourd’hui, dans un communiqué de presse, de la suite de cette affaire:

« Cet après-midi, le verdict dans l’affaire qui oppose Étienne à ses agresseurs a été rendu.

Lors de l’audience du 3 novembre, les agresseurs avaient reconnu les faits de violence en réunion et avaient adopté une ligne de défense qui niait le caractère homophobe de leurs actes. Depuis le début, l’association a soutenu Étienne dans le combat pour la reconnaissance de cette circonstance aggravante.

Les agresseurs ont été reconnus coupable d’agression en réunion, le caractère homophobe n’a pas été retenu par le juge alors que cette circonstance aggravante avait été retenue en mai 2009, lors de l’audience jugeant le mineur devant le tribunal pour enfants. Celui-ci n’a d’ailleurs pas fait appel de ce jugement », rappelle le communiqué.

« Nous nous étonnons que deux procès jugeant la même agression par le même groupe d’individus puissent émettre deux jugements si différents.

C’était tout l’objet de ce procès qui était de démontrer qu’une bande de jeunes hommes qui s’organisent pour aller agresser des homosexuels, sur un lieu connu par eux comme étant un lieu de rencontres homosexuelles sont, de fait, dans une agression à caractère homophobe », s’indigne l’association.

PAS D’INSULTE…PAS D’HOMOPHOBIE?

La défense des jeunes agresseurs s’est appuyée sur le fait qu’aucune insulte n’a été proférée. Étienne et le GAGL45 craignent ce soir, au sortir du tribunal, que le jugement ouvre une porte aux agresseurs potentiels: il suffit de ne rien dire et on peut taper sur des homosexuels en risquant un minimum de condamnation. « Nous nous inquiétons des conséquences de cette décision pour la société. À notre sens, la lutte contre les discriminations inclut une lecture des textes de lois protégeant au maximum les victimes. Nous sommes confrontés ce soir à une décision juridique technique qui est déconnectée de ce qu’a vécu Étienne, ce soir-là. Nous nous en remettons au Procureur de la République qui a la possibilité de faire appel de cette décision dans les 10 jours.

Vous pouvez manifester votre solidarité à Étienne et votre inquiétude sur les conséquences du verdict en signant l’appel sur le site. »

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter en cliquant ici.