Fin octobre, tous les médias étaient alertés par le dépôt de plainte d’un étudiant d’Avignon. Nicolas Canut avait décidé d’attaquer le géant américain Facebook pour avoir laissé en ligne des groupes à caractère homophobe (lire Revues de web des 4 et 10 novembre).

DES INITIATIVES JUGÉES CONTRE-PRODUCTIVES

Une initiative individuelle critiquée par certaines associations LGBT, qui ont préféré nous expliquer pourquoi sous couvert d’anonymat pour ne pas donner l’impression de s’acharner contre Nicolas Canut. Le « problème Canut » n’est en effet pas isolé. Le très médiatique Alexandre Marcel, qui avait fait parler de lui avec sa grève de la faim pour demander l’autorisation aux homosexuels de donner leur sang, a lui-même court-circuité les prises de position LGBT. Au début du mois, il annonçait son soutien à Louis Nicollin, le très distingué président du club de foot de Montpellier…

Des prises de positions individuelles qui brouillent un peu plus la façade unitaire des revendications LGBT. « Les associations n’ont pas le monopole, rappelle le président d’une grande association de lutte contre l’homophobie, mais elles ont le mérite de peser plus lourd dans des procédures judiciaires ». Le droit français est ainsi fait, la plainte d’un individu a peu de chance d’aboutir lorsqu’il s’agit de propos généraux qui n’ont pas de conséquences directes pour cette personne.

Or, même si Nicolas Canut nous confirme que sa plainte a été reçue et qu’ »une enquête est en cours », rien ne permet de savoir si le procureur de la République poursuivra l’enquête contre Facebook. L’étudiant se défend de tout court-circuitage, affirmant qu’ »aucune association n’avait encore porté plainte contre le site de socialisation pour des groupes à caractère homophobe ». Réponse des associations: « Pas de plainte, c’est vrai. Mais nous avions déjà averti la cellule chargée de la cyber-criminalité, rattachée à la police judiciaire, et elle commençait à s’attaquer au sujet lorsque Nicolas Canut a médiatisé sa plainte ».