Un point partout. Le premier tour de la Coupe Davis entre la France et la République tchèque est fidèle aux prévisions: serré. Gilles Simon s’est incliné, vendredi, à Ostrava face à Tomas Berdych (7-6, 4-6, 7-6, 6-3) et Jo-Wilfried Tsonga a apporté dans la foulée le point de l’égalisation face à Radek Stepanek (7-5 6-2 7-6).

La rencontre est difficile parce que la République tchèque nourrit toujours des champions moins en vue qu’une Martina Navratilova ou qu’un Ivan Lendl, mais des garçons suffisamment costauds et talentueux aux jeux variés et inventifs pour faire tourner un adversaire en bourrique… et respectivement 18e et 22e mondial. Pas mal.

En face, un plateau plus que séduisant: Gilles Simon, 8e mondial, Jo-Wilfried Tsonga 11e, Richard Gasquet 24e, Michael Llodra 92e mais appelé en double, discipline dans laquelle il évolue à la 30e place mondiale. Gaël Monfils, 9e mondial, n’a pas été retenu par le capitaine Guy Forget qui ploit sous l’abondance.

Mais, et c’est aussi l’une des raisons du résultat assez indécis du rendez-vous, l’équipe de France est jeune. Vendredi, Gilles Simon fêtait sa première sélection, et cela peut rendre nerveux. À cet exercice, Jo-Wilfried Tsonga, dont c’était la deuxième sélection hier, a fait le métier. En sport, on appelle ce genre de joueur un patron. Le vainqueur de Bercy 2008 a survolé le match de son jeu puissant et spectaculaire, comme galvanisé par l’enjeu. Ce fut assez beau à voir et cela, pourquoi pas, pourrait donner des ailes à Gilles Simon, si celui-ci est sélectionné dimanche en simple.

En tout cas, cela augure bien de la suite. Cette équipe de minots a l’air bien taillée pour remporter une Coupe Davis que la France n’a pas enlevée depuis sa victoire en Australie en 2001. Alors, soyons fous et offrons-nous un peu de sport-fiction. Une victoire dimanche à Ostrava et rendez-vous en juillet pour un quart de finale de feu contre l’Argentine de Nalbandian ou del Potro. Roland Garros accueille à nouveau à l’automne une demi-finale France-États-Unis. Victoire de Tsonga contre le patron américain du moment en Coupe Davis, Andy Roddick. La France est à nouveau chez elle et reçoit en finale, en décembre, l’Espagne tenante du titre. Nous en sommes à 12-13 au cinquième set entre Nadal et Simon. L’ambiance est plus qu’électrique, les joueurs enquillent les points gagnants, ils ont de vastes cernes noires sous des yeux rageurs.

Troisième avantage à Simon sur le service du numéro un mondial. Le Français, qui a déjà eu trois balles de matches, n’hésite plus à avancer dans le court: même pas peur. Nadal tente un deuxième passing, Simon est au filet, volée rétro-amortie. La France gagne la dixième Coupe Davis de son histoire. Comme un revival de l’émotion de la victoire de la France contre les États-Unis, Forget contre Pete Sampras, en 1991 (vidéo ci-dessus).

Mais d’abord? Le double, cet après-midi, à Ostrava avec une paire inédite chez les Français: Richard Gasquet et Michael Llodra.

[mise à jour 08/03/09 à 22h55] Le rêve est passé. L’équipe de France new look a été éliminée dès le premier tour de la Coupe Davis, dimanche, face à la République tchèque. Radek Stepanek a rapporté le troisième point de la victoire en battant Gilles Simon (7-6, 6-3, 7-6). La veille, le double inédit Richard Gasquet-Michael Llodra s’était incliné face au duo Tomas Berdych-Stepanek. Mieux classés dans l’élite mondiale que leurs homologues tchèques, les Français n’ont jamais été bien loin de leurs adversaires mais ils ont manqué d’expérience. Les observateurs l’appréhendaient. Seule satisfaction, l’énorme présence de Jo-Wilfried Tsonga qui avait apporté, vendredi, le point français et qui a joué,dimanche, le match sans enjeu, amenant le deuxième point de la France. La formation devra maintenant se faire les dents en match de barrage, en septembre, pour rester dans le groupe mondial.

Bénédicte Mathieu