Serena Williams a remporté ce matin, samedi 31 janvier, son dixième titre du grand chelem aux Internationaux d’Australie et s’adjuge la place de numéro un mondial. On oubliera le match expéditif de moins d’une heure contre la Russe Dinara Safina (6-0, 6-3). Pas sûr que ce genre de partie fasse une bonne pub au tennis féminin pour ceux qui n’en voient que les apparences… À Yagg, on aime le tennis, mais aussi ceux qui le font. Plutôt que de vous raconter le match, nous avons préféré nous concentrer sur son héroïne. Voici donc pourquoi nous aimons Serena Williams.

Parce que l’Américaine prouve année après année que le tennis n’est pas seulement de la puissance, mais de la tronche, traduisez – en termes sportifs – du mental, du vrai, du béton. Parce que quand Serena Williams claironne qu’elle remportera son quatrième titre à Melbourne à la veille du tournoi, ce n’est pas seulement de l’arrogance: la joueuse américaine est là pour gagner, déteste la défaite. Le fighting spirit peut agacer mais force quand même l’admiration.

Parce qu’une joueuse qui arrive en Australie, en 2007, avec des kilos en trop, les assume et fait bisque bisque rage aux journalistes après avoir gagné le titre, ça fait sourire – et même plus – certaines qui ont des kilos en trop et qui se portent bien, merci.

Parce qu’au fil des années, son tennis a changé. Ici encore, aller au-delà de l’apparence: il n’est pas seulement question de puissance mais aussi de stratégie, de construction des points. C’est une question d’âge, de maturité: Serena a aujourd’hui 27 ans. Et la joueuse qui cognait dans le temps si fort qu’elle faisait quasiment autant de fautes que de points gagnants a remporté le match en réalisant 23 winners et seulement quatre fautes directes. Parce que si son tennis n’est pas aussi cousu dentelle qu’une Martina Hingis ou une Justine Hénin, qui manquent cruellement au circuit, Serena fait le boulot dans un tennis féminin qui se cherche et attend le retour d’une ancienne numéro un mondiale, la Russe Maria Sharapova. Un retour qu'on espère d'ailleurs avec gourmandise. Pour voir ce que ces deux feux follets du tennis peuvent nous réserver d’intense dans une finale de grand chelem, par exemple à Wimbledon, où elles ont toutes deux gagné.

Parce que Serena façonne le double en grand spectacle avec son aînée de sœur, Venus. Les deux championnes se sont d’ailleurs adjugées le titre australien vendredi.

Parce que si elle n’a pas voté pour Barak Obama en raison de sa religion (elle est témoin de Jehova), Serena Williams l’a soutenu et, notamment, déclaré: « Je suis noire et je serais aveugle de ne pas m’intéresser à ce qui se passe ».

Parce qu’une joueuse, enfin, qui fait une apparition dans Urgences (elle meurt à la fin), apprend un temps le français et est une absolue fashion queen – elle dessine des robes et fait défiler sa sœur Venus (vidéo ci-dessous) – ne peut pas laisser indifférent. Tout simplement.

Elle est juste intelligente, avec un humour incroyable. Pour vous en convaincre, allez voir ses vidéos sur son site ("Serena's Galery" puis "Beta Video Blog") et sur sa page MySpace.

Bénédicte Mathieu