Concert de transition pour Oshen, hier, à L'Européen, à Paris, entre une tournée qui s'achève et un album qui ne demande qu'à naître.

Comme chez la plupart des artistes, au fil du temps l'univers s'affine. Dire qu'il y est principalement question d'amour et de ruptures, même si c'est exact, est réducteur. Homo, hétéro, fille, garçon, elle parle à tous, sans artifices. Ce qui différencie vraiment Oshen des autres chanteuses, françaises ou non, ce n'est pas tant sa voix, qui n'en rappelle nulle autre, ni sa façon de bouger sur scène, qui, elle, fait parfois penser à Catherine Ringer, que son ton. Humour, ironie, auto-dérision se retrouvent dans chaque phrase qu'elle prononce, qu'elle la chante (mention spéciale à My Sweet Butterfly et à La première fois que tu m'as quittée, à écouter ci-dessous et sur Radio Yagg) ou apostrophe un public sous le charme.

Ses deux albums, Don Juan (2005) et Je ne suis pas celle (2007), ont été jugés très prometteurs, et ils le sont, mais Oshen est clairement faite pour être sur scène. En quelques minutes et quelques mots, elle installe une complicité amusée avec le public. Certes, la salle intimiste de L'Européen se prête particulièrement bien à l'interaction, mais on imagine sans peine Oshen dans des lieux plus grands, comme les arènes de Nîmes ou l'Olympia, et pas juste en première partie. On attend donc avec impatience le nouvel album, courant 2009, mais surtout la prochaine tournée!

Judith Silberfeld

Photo Yagg