Showtime, we have a problem. Que le premier épisode de la nouvelle saison d'une série soit un peu raté, ça arrive. Que le deuxième le soit aussi, ça commence à être inquiétant, surtout quand la saison n'en comprend que huit. Mais il en faut plus pour nous arrêter. Compte-rendu de ce deuxième épisode, où l'on assiste à de multiples retours et à une arrivée.

Least Likely s'ouvre avec la colère de Niki, furieuse d'avoir été salement jetée par Jenny. Après avoir houspillé ses amies, la jeune fille déclare urbi et orbi que Jenny est déjà morte pour elle. Le seul objectif de cette scène est de nourrir la liste des meurtrières potentielles de Jenny. On a connu plus subtil. Même s'il s'agit de second degré.

On enchaîne avec Kit et Helena, qui semblent poursuivre joyeusement leur rythme de travail infernal –littéralement jour et nuit. Les deux propriétaires du "Hit Club" reçoivent une drag-queen qui va venir y mettre une touche de masculinité. Et c'est tout.

Petit déjeuner au Planet (se nomme-t-il toujours ainsi? On s'y perd). À une table, Jenny, Alice, chacune avec son laptop, et Tasha. À la table d'à côté, Shane et Kit. Jenny n'a pas commandé de gaufres mais la serveuse lui en apporte quand même. Elles viennent de Shane, qui les a faites pour elle. Elles ont l'air succulentes, mais il en faudrait visiblement plus pour impressionner Jenny. Pas pour Tina, qui arrive avec Bette et qui voit, à regret, les gaufres passer sous son nez avant de finir à la poubelle. Les "Tibettes" choisissent leur table en jouant à Pierre Papier Ciseaux. Bette perd deux fois et se retrouve à la table de Shane. 

En bonne disciple de Lavoisier, Jenny ne perd pas de temps et commence déjà à transformer sa brouille avec Shane pour en faire un film. Et surprise, Alice annonce qu'elle vient également de commencer un script. Tina est enthousiaste, Jenny se montre plus que sceptique, Tasha mange sa fajita. Cette dernière commence son premier jour de boulot et arbore pour l'occasion un costume qui lui va à ravir. Tina leur demande quand elles commencent leur thérapie de couple. Ce qui déclenche la colère et le départ de Tasha. "La vie privée, ça existe", lance-t-elle à Alice.

Au milieu de ce "dyke drama", pour reprendre les mots d'Helena, Bette et Tina annoncent une bonne nouvelle: elles vont adopter un enfant. Pour l'occasion, elles vont devoir faire des travaux. Ce qui déclenche la colère (froide) et le départ de Jenny.

Retour de Max, qui arbore désormais une belle barbe, et qui est toujours avec son boyfriend Tom. L'opération qui le fera changer de sexe est proche. Plus qu'une consultation. Cette dernière ne se passe pas comme prévu. Devinez quoi? Max est enceinte. Et il est trop tard pour avorter. Max est le nouveau Thomas Beatie.

"THE GIRLS"
Réunion de la production du film Lez Girls. Tina découvre avec surprise que l'affiche montre un couple hétéro et que Lez Girls s'intitule désormais The Girls. Balayée la référence à Les Girls de Cole Porter et au revoir la référence lesbienne dans le titre. Le film adapté du "roman" de Jenny devient une comédie romantique hétéro. Et il est peu probable que le courroux de Tina y change quoi que ce soit.

Réunion à l'université, où l'on assiste au retour de Jodi et Phyllis. Core, l'installation de Jodi, destinée à humilier Bette, bénéficie de bonnes critiques. Et tout le monde semble s'en féliciter, à l'exception de la principale intéressée, qui arrive en retard. La réunion se termine peu après l'arrivée de Bette. On est heureux de revoir l'excellente Marlee Matlin, en tout cas.

Phyllis et Bette doivent s'entretenir dans le bureau de Phyllis, mais l'entretien est abrégé par Joyce, qui fait sa demande en mariage dans le plus simple appareil. La Proposition 8 n'est pas encore passée. Phyllis finit par dire oui, ce dont on lui sait gré, tellement cette scène, qui aurait pu être touchante, se révèle plutôt pénible.

Comme prévu Alice et Tasha se retrouvent sur le divan du thérapeute, qui avait déjà conseillé Bette et Tina, dans une autre saison. Alice monopolise la parole, puis Tasha finit par la prendre. Et quand tout semble aller pour le mieux, c'est le coup de grâce, qui vient du thérapeute lui-même: "Vous avez si peu en commun. Je ne crois pas que vous soyez faites l'une pour l'autre." Résultat, une scène de sexe dans le parking, puis une tentative de mise à plat de toute la relation. Tout n'est pas perdu. 

ELIZABETH "SHOWGIRLS" BERKELEY
Son arrivée était connue. On ne sait pas encore quoi en penser. Elizabeth "Showgirls" Berkeley interprète l'ancienne colocataire de Bette, du temps où elles étaient à l'université. "Tu es plus sexy maintenant que tu l'étais à la fac", lance-t-elle à la vénérable Dean Porter. C'est sans doute vrai, mais n'est-ce pas la faute des coiffures 80's?

À l'époque, le personnage d'Elizabeth Berkeley était une croqueuse d'hommes, sa coloc, de femmes. Les regards lascifs que la première pose sur Bette et Tina semblent indiquer que son appétit ne se limite plus à la gente masculine – et puis on est dans The L Word, l'hétérosexualité y est un concept relatif. Bette va avoir bien du mal à respecter sa promesse de ne plus jamais tromper Tina. Elles s'en expliquent toutes les deux un peu plus tard. Et on s'aperçoit que leur couple, grâce au talent de Jennifer Beals et Laurel Holloman, est sans doute le seul élément un peu excitant de la série depuis le début de la saison.

Bien plus excitant que le énième retour de cet épisode, celui de Dylan, remember la saison 3, qui avait réussi à extorquer une coquette somme à Helena en la séduisant, puis en l'accusant de harcèlement sexuel. Comme si de rien était, Dylan est venue danser au Hit Club. Elle était censée être hétéro, elle ne l'est visiblement plus. Alice s'emporte, Tasha propose de la faire sortir manu militari (option qui a notre faveur), Helena tente de faire face, y parvient, mais seulement dans un premier temps. Une fois Dylan sortie du club, Helena la rattrape et lui hurle toute sa colère. "Thank you, now I know you care", lui répond cette dernière. Un joli "dyke drama" en perspective. Pourquoi ne pas avoir fait revenir plutôt la compagne de cellule d'Helena? Un peu de butchitude supplémentaire aurait été bienvenue…

Conclusion, enfin, avec l'histoire d'amour naissante entre Shane et Jenny. Ce qui est bien, pour reprendre le titre de l'épisode, "le plus improbable" de cette sixième saison. Il va falloir s'y faire.

Xavier Héraud