Orlando, c'est un trio composé d'un garçon, Frédéric Marchand, et de deux filles, Christelle Boizanté et Aïda Sanchez, qui se promène entre Paris et Toulouse. À partir de ce soir, ils présenteront chansons "rosses et jubilatoires" à l'Espace la Comedia, dans le XIe arrondissement de Paris. Interview avec un groupe qui ne se prend pas (trop) au sérieux.

Comment vous êtes-vous rencontrés?
Frédéric Marchand: Tout part de Christelle qui en avait marre de chanter en trio. Elle évoluait dans un trio a cappella qui s'appelait Petites Faiblesses et elle voulait être la chanteuse vedette. Elle a demandé à Aïda de l'accompagner au piano. Aïda a proposé que je les rejoigne pour accompagner Christelle. Et puis, j'ai eu envie de chanter le texte de Cyrano de Bergerac que j'ai mis en musique. Et comme Aïda chante aussi, on s'est retrouvé à grignoter le terrain de la vedette. On se retrouve maintenant à chanter tous les trois.

Si je vous dis que votre style est quelque part entre Nougaro et Pauline Croze, vous êtes d'accord?
FM: C'est pas faux. On nous parle de Paris Combo aussi, parfois. Des Elles. Je trouve qu'il y a aussi quelque chose de l'univers de Juliette. Il y a quelque chose de caustique dans les chansons. Avec une envie de dire des choses violentes, avec du recul, et d'avoir de l'humour, sur scène en tout cas. Il est vrai que sur un site un internaute avait laissé un commentaire à propos d'Aïda: "Nougaro, sors de ce corps".

Qu'est-ce qui vous inspire?
FM: L'amour, la mort, le sexe, les vieux, les animaux. Un regard un peu décalé sur le monde.
Aïda Sanchez: Je dirais qu'on a des chansons de fond. Il y a du texte. Il faut vraiment ouvrir les oreilles pour comprendre ce qu'on raconte. C'est facile, mais ce n'est pas habituel. Et il y a une couche d'humour par-dessus.

Pouvez-vous nous parler de la chanson Je suis morte?
AS: Vous voulez savoir pourquoi je l'ai écrite? J'ai un ami et mon père qui sont morts à peu près en même temps, du sida. C'est arrivé comme ça, d'un coup. Je me suis dit à ce moment-là que la difficulté ce n'était pas de mourir, c'était de comment mourir.

La chanson Orlando, c'est le Orlando de Virginia Woolf à l'envers…
AS: Oui, normalement c'est un garçon qui se transforme en fille. Je suis une fille, je me suis transformée en garçon [rires].

C'est agréable?
AS: J'adore. Je peux le faire enfin sur scène. J'aimerais bien en tout cas. Pas vous?

Sur votre myspace, vous écrivez que le placard n'est pas "le genre de la maison". Vous êtes engagés par ailleurs sur les questions gays et lesbiennes?
AS: Je suis engagée quotidiennement par le fait que je sois lesbienne. Mais je ne suis pas dans des mouvements lesbiens. Je fréquente parfois les bars et surtout les femmes!  [rires]

Propos recueillis par Xavier Héraud

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